4 000 € pour tirer la lionne d’élevage !

4 000 € pour tirer la lionne d’élevage !

Élevés comme animaux de ferme, ces fauves sont ensuite lâchés comme des faisans 4 jours avant la chasse. BELGAIMAGE

Des fauves élevés en captivité et tirés comme des lapins une fois adultes. Vingt-trois pays africains autoriseraient cette «chasse».

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Alors qu’il subsisterait environ 3 000 lions sauvages en Afrique du Sud, ils sont plusieurs milliers à vivre en cage, élevés dans plusieurs dizaines d’exploitations ressemblant à des fermes. Il faut dire que l’industrie de la chasse légale rapporte quelque 440 millions€ à ce pays. Les lions sont relâchés affamés, quatre jours avant le jour de la chasse. L’espace inconnu dans lequel ils se retrouvent ne leur laisse pratiquement aucune chance d’échapper à leurs poursuivants.

« En 2005, on comptait déjà entre 3 000 et 3 500 lions d’élevage. Aujourd’hui, d’après les sources gouvernementales et les sites d’élevage, le pays abrite plus de 200 installations où vivraient entre 6 000 et 8 000 prédateurs, principalement des lions, dans des cages ou des espaces confinés», témoigne Ian Michler qui a participé au documentaire Blood Lions diffusé le 21 juillet dernier lors du festival international du film de Durban. Le journaliste confirme «qu’en 2013, près de 1 000 lions ont ainsi été abattus par des amateurs de chasse close. Si nous n’agissons pas immédiatement, l’Afrique du Sud pourrait bien compter plus de 12 000 grands prédateurs en captivité d’ici 2020, une véritable honte.»

Si ces pratiques sont critiquables à plus d’un titre, ce sont les affirmations mensongères selon lesquelles elles favoriseraient la conservation des animaux qui lui semble la plus honteuse. «Aucun des éleveurs ou des centres de maintien en captivité n’est reconnu comme centre de conservation légitime. Et aucun spécialiste des lions digne de ce nom ne permettrait qu’on utilise des lions élevés en captivité dans des programmes de repeuplement. L’autorisation de telles pratiques crée la confusion dans l’opinion publique sur le sens réel de la conservation et tend à dévier des ressources financières précieuses qui pourraient servir de nobles desseins.»

http://www.ifaw.org/france/taxonomy/term/37

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