LIÈGE AIRPORT

Négociations en échec avec les Aéroports de Paris

Rien ne va plus entreles Aéroports de Paris, actionnaire privé du Liège Airport, et la Région.Il reste un mois pour sauver le partenariat.

Région wallonne et «Aéroports de Paris Management» (ADP) discutent depuis plusieurs mois le renouvellement de leur accord de partenariat sur l’aéroport de Liège. Les négociations devaient être bouclées pour la fin août. Elles ont visiblement du plomb dans l’aile…

«Par courriers du 28 juillet 2015, Aéroports de Paris et Aéroports de Paris Management constatent qu’il n’a pas été possible, à ce jour, de trouver un accord raisonnablement satisfaisant de leur point de vue, détaille dans un communiqué Carlo Di Antonio, ministre cdH wallon des Aéroports. Ils estiment que les négociations sont dès lors en situation d’échec.»

La suite? Il reste donc un bon mois avant la date fatidique. Pour le ministre, le délai va être « réservé aux rencontres entre les parties» afin de trouver un compromis. Pour l’heure, à lire le (très court) communiqué entre les lignes, la pression viendrait plutôt des Français: il est question d’étudier les «éventuelles conditions auxquelles ADP pourrait accepter de renoncer à la levée de l’option de vente dont elle bénéficie.»

Preuve de ce bras de fer: en signant un communiqué, Di Antonio rejette publiquement la patate chaude vers ADP, mais il joue aussi en sourdine, en expliquant qu’il ne fera pas «d’autres commentaires pour donner toutes les chances de succès à ces négociations qui doivent demeurer confidentielles.»

Au final, une annonce assez curieuse. Car selon les gestionnaires du Liege Airport, la situation était jusqu’ici considérée, sur le plan de l’actionnariat, comme plus saine et plus stable qu’à Charleroi. ADP aurait, nous dit-on, réellement apporté un plus à plusieurs niveaux à l’aéroport liégeois. C’est ce que révélait notre enquête sur les aéroports wallons (jeudi 23 avril).

«Un couple qui va se séparer»

Mais, notions-nous, les Aéroports de Paris réfléchissaient déjà à la pérennité de ce partenariat. Leur nouveau profil de «développeurs» d’aéroports ne cadrait plus vraiment avec les enjeux liégeois. «ADP et Liege Aiport ressemblent à un couple qui va se séparer et qui examine ce que l’un et l’autre prendront dans la maison», nous expliquait-on voici trois mois.

Pareil divorce pourrait mettre le gouvernement wallon dans un sacré embarras: une défection d’ADP laisserait la voie libre à un autre acteur privé, mais pareil partenaire ne se trouve pas en trois coups de cuiller à pot. Dans l’intervalle, la Région devrait racheter les parts (25,54%) d’ADP dans l’aéroport liégeois, dont elle détient 24,4% via la Sowaer (Société wallonne des aéroports), le reste du capital (50,36%) étant aux mains d’Ecetia, filiale du groupe Nethys. Dans le contexte budgétaire actuel, l’investissement ne coule pas de source.

Nos dernières videos