Une génération de vives voix

Dans le deuxième tome de sa trilogie Vernon Subutex, Virginie Despentes poursuit sa formidable radiographie de la France d’aujourd’hui.

C’est toujours aussi lucide et fulgurant. Juste à chaque page, l’auteur de Baise-moi cristallise comme rarement le principe voulant qu’un roman est un gros mensonge qui dit la stricte vérité. Virginie Despentes explore à nouveau une galaxie de personnages puissamment incarnés, reflets pluriels d’une société globalement déboussolée. Le texte multiplie les visages et les voix, alterne les tons et les rythmes avec une maestria feutrée qui force l’admiration.

À la fin du premier tome, on laissait Vernon Subutex, ex-disquaire dégringolé SDF depuis la fermeture de son magasin, paumé sur un banc. On le retrouve alors qu’il s’accommode de cette nouvelle existence, y trouvant une certaine sagesse et devenant malgré lui une espèce de gourou clodo des Buttes-Chaumont autour duquel gravitent des amis, anciens et nouveaux, dont Despentes creuse en profondeur la psychologie. On apprend enfin le contenu du testament vidéo que lui avait confié son ami Alex Bleach, star du rock fauchée en plein vol; suspense instillé dans le premier tome mais qui n’est que prétexte au déploiement d’une fresque générationnelle dont on espère vivement le troisième volet.

Virginie Despentes, «Vernon Subutex 2», Grasset, 400 p.


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