PAPILLONS

Place au recensement des papillons de jardin

Place au recensement des papillons de jardin

Mis en place depuis 2007, ce recensement a permis de voir que le «généraliste» machaon reste en expansion. San Martin Gilles

Chaque année, le premier week-end d’août, Natagora organise un grand recensement des papillons de jardin.

La petite tortue était le papillon le plus fréquemment observé dans les jardins en 2014. D’accord les populations de papillons sont très cycliques, mais pour en accueillir un maximum autour de sa propriété la recette est simple: planter des végétaux indigènes, laisser quelques coins en friche, sur un talus par exemple. Et éviter béton, pesticides, gazon anglais et fleurs horticoles ou exotiques. Ce que confirme notre interlocuteur Jean-Sébatien Rousseau-Piot (Natagora).

«Attention, de nombreuses plantes ne sécrètent de nectar que si elles ont assez d’eau. Arrosez-les par temps trop sec. Quelques exemples de plantes riches en nectar? Le pissenlit, la marguerite, la reine-des-prés…». Mais il en existe une multitude: cirses, plantes aromatiques, ronces…. En général, les œufs des papillons sont pondus sur la plante dont se nourrissent les chenilles. Ces plantes nourricières s’appellent des plantes hôtes. Exemples? L’ortie, la carotte sauvage, les graminées…

« L’intérêt de pareil recensement à partir d’observations personnelles, est de revenir au bon sens. Les papillons ont besoin de diversité et aussi de refuges naturels. Des zones qui leur permettent de se reproduire, de passer l’hiver sous forme d’œufs, de larves, de chrysalides ou même à l’état de papillon adulte.»

Il est donc utile de leur réserver des espaces tels que massif de lierre, arbre creux, vieux mur et tas de bois et de feuilles mortes, de laisser accessible l’un ou l’autre remise, cave ou grenier. Laissez-leur la possibilité de sortir à tout moment du bâtiment pour éviter de mourir enfermé au printemps.

«J’en ai malheureusement réveillé un l’hiver dernier dans un tas de bois. Sans pouvoir l’identifier. Je l’ai replacé au chaud entre deux bûches bien abritées, espérant de tout cœur rattraper mon geste involontaire.» Petite Tortue, Citron, Robert-le-Diable, Paon-du-jour, Morio, Grande Tortue… passent ainsi l’hiver sous forme adulte et sortent aux premiers rayons de soleil.

Sels minéraux ou substances sucrées présentes dans les déjections, miellat de pucerons, cadavres de petits animaux, exsudations de sève... Tout est bon pour le papillon. En cette belle saison, certains papillons peuvent aussi être attirés par les fruits tombés au sol.

« Si on fauche un talus ou une prairie sauvage, on évite de le faire sur la zone entière. Pour nous, un fauchage tardif démarre le 15 juillet. L’idéal est de faucher une fois que toutes les floraisons sont terminées.»

Peut-être aurez-vous la possibilité d’observer une espèce rare? « Certaines espèces très spécialisées ont disparu en même temps que leur habitat. Les changements climatiques jouent aussi un rôle. Si votre jardin voisine une praire maigre ou humide, une pelouse calcaire voire une tourbière… alors vous pouvez être privilégié par des visiteurs peu fréquents dans les observations au jardin.»

Ainsi, l’azuré du trèfle (Cupido argiades), aussi nommé argus mini-queue en raison du menu lobe pointu qui prolonge les ailes postérieures, affectionne prés, prairies, friches, zones humides et lisières forestières.

« Cette année encore, l’association compte sur une participation massive des citoyens. Cette action permet en effet de suivre l’évolution des populations des espèces communes au fil du temps. Avec leurs exigences écologiques variées, les papillons sont de très bons indicateurs de la qualité de l’environnement. Il est donc très intéressant de récolter un maximum d’informations les concernant.»

Comment participer ? 

- Rendez-vous sur www.natagora.be/papillons. Vous y trouverez toutes les informations pour encoder vos observations ainsi qu’une présentation des papillons de jour que l’on peut observer dans les jardins en été.

- L’hespérie des potentilles, un papillon rare, a été redécouvert en 2013 en région gaumaise alors que son espèce avait disparu en Belgique il y a environ 60 ans. De récentes observations effectuées dans les pays voisins font penser à une montée naturelle de l’espèce vers le nord, due à des individus migrateurs et probablement liée au réchauffement climatique.

http://biodiversite.wallonie.be/fr/papillons.html?IDC=797

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