On ne ramène pas de sable

Avant l’application de ce texte, certains des habitants de l’archipel utilisaient même le sable des plages pour construire leurs maisons. AFP

Ramener un petit flacon de sable ou quelques coquillages des îles Galapagos pourrait vous conduire en prison!

Sable, pierres, coquillages… les services de sécurité des aéroports des îles Galapagos saisissent sans coup férir dans les bagages de touristes candides tout «souvenir » tombant sous le coup de la loi de protection de l’environnement en vigueur sur l’archipel.

Trésor de biodiversité classé au Patrimoine naturel de l’humanité par l’Unesco, les îles Galapagos situées en plein océan Pacifique à un millier de kilomètres des côtes de l’Équateur ont inspiré à Darwin sa théorie de l’évolution.

Certains touristes indélicats sont appréhendés dans les aéroports de Baltra ou San Cristobal par des agents des services de l’environnement comme de vulgaires contrebandiers pour avoir glissé dans leurs bagages un peu de corail, des roches volcaniques ou des coquilles d’animaux marins.

«Les touristes se montrent surpris et nous disent que c’est autorisé partout sauf ici », commente Danny Rueda, directeur des Écosystèmes au sein du PNG.

Détectés par les rayons X, ces échantillons sont saisis puis entreposés dans une cave du Parc national des Galapagos (PNG), sur l’île de Santa Cruz.

À l’issue d’un processus parfois kafkaïen débouchant de temps à autre sur l’imposition d’une amende qui ne sera jamais payée car le contrevenant a quitté le pays depuis longtemps, les souvenirs abandonnés sont rapatriés sur leurs lieux d’origine après avoir été examinés par des experts.

Mais comment le prélèvement d’un flacon de sable mettrait-il en péril l’équilibre de ces écosystèmes parmi les plus riches au monde, où pullulent les espèces endémiques, comme les célèbres tortues géantes qui ont donné leur nom à l’archipel où elles viennent pondre dans le sable?

« Nous avons 200 000 touristes par an. Si chacun veut rapporter un petit souvenir, on extrairait des kilos de sable (ou) de coquillages se trouvant sur la plage », souligne M. Rueda.

La loi interdisant le prélèvement de matériel géologique ou biologique sur le territoire des îles Galapagos est en vigueur depuis 1999 et prévoit des sanctions allant jusqu’à des peines de prison.

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