L’ÉDITO PAR PHILIPPE MARTIN

Tour de passe-passe

Tour de passe-passe

EdA - Jacques Duchateau

Et le virage fiscal fut! Enfin, pas une réelle épingle à cheveux comme on en voit dans les montagnes du Tour de France mais un mini-virage qui favorise d’abord les employeurs, avant les travailleurs.

Faisons les comptes. Une centaine d’euros en plus, dans la colonne «dépenses» des ménages, selon Test-Achats qui a calculé l’impact de l’augmentation de la TVA sur l’électricité. Et une centaine d’euros en plus, par mois, dans la colonne «revenus» des ménages les plus modestes qui devraient bénéficier d’une diminution de la fiscalité. Soit, une opération blanche pour le contribuable/consommateur si l’on fait la balance de ce que les ménages gagneront d’une main et perdront de l’autre, en tenant compte aussi des diverses hausses de la fiscalité indirecte (augmentation des accises sur le tabac, le diesel, les boissons alcoolisées…). La pratique de ce tour de passe-passe est connue et appliquée par les différentes coalitions, à tour de rôle, à chaque exercice budgétaire, en fonction de leur coloration politique.

En l’occurrence, avec le gouvernement Michel Ier , il s’agit d’abord d’imposer un virage fiscal (tax shift), très idéologique, pour inverser une tendance atavique, propre à la Belgique, de surcharger la fiscalité sur le travail et donc de brider la compétitivité des entreprises.

Les mesures budgétaires les plus significatives prises par la Suédoise visent donc d’abord à soulager les employeurs par la baisse des cotisations patronales. Avec quelles conséquences réelles pour la vitalité des entreprises et pour la relance de l’emploi? Il faudra voir, à l’avenir, en fonction des aléas de la conjoncture…

Sans surprise, le patronat se félicite du tax shift amorcé. Tandis que l’opposition et les syndicats hurlent contre la «supercherie » et la «rage taxatoire». Selon toute logique.

Pour sauver la crédibilité et le caractère équitable de sa réforme, le gouvernement fédéral aurait aussi dû prendre de vraies mesures permettant d’alléger la fiscalité sur le travail qui touche l’ensemble des travailleurs et instaurer une véritable imposition sur la spéculation. Mais c’était sans compter sur les rapports de force délicats qui penchent davantage en faveur de la droite que du centre au sein de la coalition de centre droit.

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