Bardet a fait parler ses talents de descendeur

Bardet a fait parler ses talents de descendeur

Romain Bardet a eu beaucoup de peine à réaliser qu’il venait de gagner une étape, et pas n’importe laquelle. AFP

Le cyclisme français a relevé la tête hier, avec cette belle victoire de Romain Bardet, bon grimpeur, mais, surtout, excellent descendeur.

Cocorico! Nos confrères français ont eu bien de la peine pour trouver les mots, hier, à l’occasion de la victoire de Romain Bardet. Ils ont bien sûr, versé dans le dithyrambe (lucidité, talent, jeunesse flamboyante, la fameuse génération des années 1990, panache, audace) et tant mieux pour eux. Si on peut évidemment saluer cette belle victoire de Bardet (la 2e pour les AG2R, après celle de Vuillermoz à Mûr de Bretagne), on doit encore constater que le peloton est fatigué, cramé, usé. Et que les attaquants de la veille ne sont pas toujours les mêmes, malgré le fait que la grosse échappée d’hier, 29 coureurs, comportait encore De Gendt, Bakelants et Pauwels.

Certes, le menu était encore corsé et cela n’a pourtant pas empêché les sursauts d’orgueil, de la part de Contador ou de Nibali, mais en vain: Froome continue son petit bonhomme de chemin en cadenassant avec grande sérénité la course.

Avec la bataille des Alpes, ce sont aussi les promesses des coureurs français qui étaient attendues. Dans le premier épisode, Thibaut Pinot avait hypothéqué ses chances de victoire en tombant dans la descente du col d’Allos. Sur un scénario similaire à l’étape de Pra Loup, Romain Bardet a pris place dans une échappée volumineuse pour ensuite éviter les pièges qui se sont présentés, et tirer parti du terrain qui s’offrait à lui. Les derniers kilomètres menant au col du Glandon lui ont servi à se positionner, puis c’est dans la descente qu’il s’est bâti un avantage décisif. Dans le final, le vainqueur de l’étape de Pra Loup sur le Dauphiné a conservé son sang-froid. Le leader d’AG2R La Mondiale, qui remonte à la 10e place du classement général, devient aussi le premier poursuivant de Rodriguez pour le maillot à pois, à égalité de points.

« C’est parti dès le départ, j’ai eu beaucoup de chance d’avoir mon ami Christophe Riblon dans l’échappée ainsi que Jan Bakelants, commentait Bardet. Je savais qu’avec mes talents de descendeur, je pouvais faire l’écart dans le Glandon. Je n’en reviens pas. C’est tellement difficile de gagner une étape. Et puis, ce Tour reste redoutable pour son parcours. Moi, je me devais de relever la tête (Bardet fut à la peine dans les Pyrénées et victime d’une fringale dans Pra Loup) alors que j’avais loupé de peu la victoire à Mende et au Plateau de Beille (deux fois troisième, mais une grossière erreur à Mende). Mais il y a aussi beaucoup de pression ici sur les coureurs français. Cela reste un apprentissage, mais je n’ai que 24 ans et je pense que cela va s’améliorer. Pour être bon au Tour, on ne peut pas se permettre de passer au travers d’une seule étape.»

Charly Mottet: «ce vendredi, c’est la plus difficile»

En ce qui concerne ce vendredi, Charly Mottet, qui connaît les monts savoyards comme sa poche (l’ancien maillot jaune avoue un petit faible pour le Galibier) estime que c’est l’étape la plus difficile de ce Tour. «Parce qu’elle est très courte: 138 km, nous dit celui qui véhicule les invités de la société Orange. Sur pareille distance, on n’a pas droit à l’erreur et cela risque d’être très rapide. La différence va évidemment se faire sur la dernière montée, La Toussuire. Mais avant, il y a la Croix de Fer, qui dépasse les 2000 m et qui peut poser des problèmes d’oxygénation pour les coureurs. Mais, après la descente de la Croix de Fer, il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de vallée. Cela veut dire qu’un coureur fort qui part de loin ne sera pas handicapé par une portion de plat.»

Au menu de cette 19e étape, il y aussi ce col de Chaussy, après 15 km de course. «Je ne le connais pas, disait hier Froome, mais je m’attends plutôt à des attaques de la Movistar dans la montée de La Toussuire. Mais celle-là, je la connais…» En référence à son attaque en 2012, au nez et à la barbe de celui qui était son chef de file, un certain Wiggins.

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