Les médecins refusent de trancher

Une trentaine de personnes se sont rassemblées devant l’hôpital manifestant contre l’arrêt des soins. AFP

Les médecins refusent de trancher le sort d’un Français en état végétatif. Ils craignent pour leur sécurité et celle de leur patient.

Les médecins de Vincent Lambert, un tétraplégique français en état végétatif, ont refusé jeudi de statuer sur sa fin de vie, en raison d’un manque de «sérénité et de sécurité ».

Cet ancien infirmier psychiatrique de 38 ans souffre de lésions irréversibles au cerveau depuis un accident de la route survenu en 2008. Il est maintenu en vie par une alimentation et une hydratation artificielle.

En juin, après un marathon judiciaire de deux ans sur fond de vives querelles familiales, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait donné son feu vert à un arrêt des soins et un accompagnement vers la mort.

L’hôpital de Reims, où il est soigné, avait enclenché une procédure collégiale pour statuer sur son sort. Sa famille était convoquée jeudi pour entendre sa décision. Mais «le médecin en charge de Vincent Lambert a décidé de suspendre la procédure collégiale placée sous sa responsabilité », a indiqué l’hôpital dans un communiqué. «Les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure, tant pour Vincent Lambert que pour l’équipe soignante, ne sont pas réunies », a-t-il ajouté.

La famille de Vincent Lambert est divisée en deux camps aux vues irréconciliables. Son épouse Rachel et la plupart de ses frères et sœurs souhaitent le «laisser partir ». Pour eux, Vincent Lambert était opposé à tout acharnement thérapeutique. Mais ses parents, catholiques proches des milieux intégristes, martèlent qu’il n’est «pas en fin de vie » et multiplient les recours en justice pour empêcher un arrêt des traitements.

Le personnel médical a fait l’objet de «menaces et de pressions », a précisé un neveu de Vincent Lambert, François. «Encore une fois ce sont les extrémistes, traditionalistes intégristes […] qui ont fait céder l’hôpital », a commenté Marie Lambert, une sœur de Vincent. Selon elle, les médecins «ont peur pour eux, pour leur vie, pour leur sécurité et la sécurité de Vincent. »

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