Fabian et Florent sont tombés dans la marmite quand ils étaient petits. Leur stage dans une autre ferme que celle de leurs parents aura pourtant été une belle aventure.

Jean Mailleux est un agriculteur affable. Mais quand il parle de son stagiaire, Fabian, son visage s’illumine. Le premier est agriculteur à Saint-Denis, au nord de Namur. La ferme familiale du second est à Court-Saint-Étienne, dans le Brabant wallon. Six semaines de stage plus tard, l’expérience est une réussite. Modeste, Jean Mailleux glisse que son stagiaire «n’avait plus grand-chose à apprendre». «Par rapport aux jeunes qui viennent en stage, il était un cran au-dessus.» Fabian le corrige en souriant. «Si, j’ai quand même découvert l’utilisation du GPS sur un tracteur. D’ailleurs, depuis, mon père en a acheté un aussi.»

Fabian et son frère jumeau Florent ont terminé leurs études à l’école Saint-Quentin, de Ciney. Florent s’est immergé dans une ferme d’Orp-Jauche. C’est un peu par hasard que Fabian a atterri à Saint-Denis. Ce stage devait se faire obligatoirement dans une autre ferme que celle qu’ils connaissent depuis leur premier biberon. «C’est important de découvrir un environnement différent», expliquent d’une même voix les deux garçons. «Ici, tout est très bien organisé. La ferme est très propre, le bétail est très bien soigné», ajoute Fabian. Là, c’est Jean Mailleux qui sourit: «Je suis seul et donc je suis bien obligé d’être très organisé.» Ce stage a été exemplaire. Il aura aussi nourri une belle complicité.

À livres ouverts

L’agriculteur namurois dit avoir travaillé à «livres ouvertes» avec son stagiaire. «La dimension économique et administrative est importante dans l’apprentissage. Fabian et Florent sont deux garçons passionnés mais ça n’a pas de sens de courir partout quand on ne sait pas calculer. Je connais des fermiers qui n’arrêtent pas de bosser mais au bout du compte, ils ne savent même pas dire si le métier leur donne de quoi vivre.» Les jumeaux opinent gravement. Et ce, même si on sent vite que c’est au volant d’un tracteur ou dans une étable qu’ils sont les plus heureux. «Fabian conduit bien mieux les tracteurs que moi», rigole le maître de stage. «Moi, quand il s’agit de reculer avec une bétaillère, c’est pas top. Fabian, lui, fait ça les yeux fermés.»

Le stage terminé, Fabian et Florent ont repris le chemin de la ferme familiale. Un chemin aussi bien tracé qu’un labour d’automne.

Nos dernières videos