Notre responsabilité est énorme

ÉdA – Jacques Duchateau

Il se dit professeur avant tout mais Étienne Baijot sait de quoi il parle à ses étudiants: l’homme est aussi agriculteur.

Étienne Baijot est professeur depuis 28 ans à l’école d’agriculture de Saint-Quentin (Ciney). Il est assez bien placé pour mesurer l’évolution entre ce métier et la scolarisation qui le précède. «Au départ, ce n’était pas un métier qui s’apprenait à l’école mais plutôt sur le terrain. Aujourd’hui, ça s’est complètement inversé: sans un apprentissage important dans l’enseignement, il est impossible de devenir agriculteur», explique celui qui, tout en professant, tient aussi une exploitation agricole à Louette-Saint-Denis. «Mais pour les cultures, je fais appel à des entreprises agricoles et j’ai quand même réduit le bétail.»

Les jeunes gens qu’il forme à la phytotechnie, il les considère comme de futurs entrepreneurs. «L’évolution technologique a explosé, le travail administratif est énorme. Un agriculteur qui n’est pas au fait des connaissances est en danger.»

Agriculture raisonnée

Étienne Baijot fait partie des adeptes de la culture raisonnée. «La seule, dit-il, susceptible aujourd’hui de concilier économie et environnement. Même si on reste dans une logique de rendement, il est plus intelligent de songer à l’équation globale. Se limiter à vouloir produire plus n’est pas nécessairement un bon calcul économique.»

De tels profils se préparent et se jugent aussi avec soin. «En tant qu’enseignant, je considère que nous avons une énorme responsabilité. Lâcher un jeune qui n’est pas prêt à se lancer dans l’aventure, ce n’est pas un bon plan. Et ce même s’il va reprendre l’exploitation familiale. Le diplôme ne doit pas devenir un cadeau empoisonné.»

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