« Pour échapper aux requins »

ÉdA – 3081535581

L’enseignement agricole est indispensable pour reprendre une exploitation. Enchaîner des études techniques et ensuite s’attaquer à un baccalauréat, c’est tout à fait possible.

Alors que notre pays compte de moins en moins d’agriculteurs, les bancs de l’école ne suivent pas forcément la même tendance. En province de Liège, à La Reid, la section agronomie de l’enseignement secondaire provincial a relevé la tête. Et, dans la foulée, ce sont aussi 300 candidats bacheliers qui embraient avec la Haute école. «Nous sommes la plus grosse école du secondaire dans le domaine agronomique, se réjouit Michel Hendrickx, le directeur. Transition, qualification ou professionnel, nous avons un large panel d’enseignement.» Dans les prochains mois, le secondaire et le supérieur seront d’ailleurs rassemblés dans un nouveau bâtiment sur le même site. C’est avant tout l’horticulture qui séduit le plus les jeunes étudiants «mais la section agricole se maintient bien». Et elle n’est pas forcément suivie par des enfants d’agriculteurs. «On a aussi des jeunes intéressés par le milieu et qui ont des idées de niche. Ils ne vont pas forcément reprendre une ferme car l’accès à la terre est impossible.» En Wallonie, il ne reste plus que trois grandes écoles d’agriculture: La Reid, Ciney et Ath. Chacune avec leur spécificité. La Reid est plus orientée vers le secteur laitier, Ciney vers l’élevage et Ath vers les grandes cultures. «Les programmes restent les mêmes. Mais, chez nous, on apprendra à faire une ration alimentaire pour une vache laitière. À Ciney, ce sera pour un Blanc Bleu.»

Pour devenir agriculteur, les bons conseils du paternel ne suffisent plus. Le passage par l’école est recommandé et est même exigé pour accéder aux primes européennes. «Avant, si on ne faisait rien de bon à l’école, on disait ‘tu iras faire fermier à La Reid’. Demain, il faudra peut-être être ingénieur… Ou au moins être bachelier pour avoir toutes les chances de son côté. Il faut être armé et être capable d’échapper aux requins qui gravitent autour du milieu…»

Entamer un baccalauréat en sortant d’études secondaires techniques, c’est tout à fait possible, assure le directeur. « C’est un peu difficile la première année au niveau des sciences. Mais en 2e année, ils prennent l’option qu’ils avaient en secondaire et ils retombent sur leurs marques car ils ont déjà un bon bagage.» Et à la sortie de l’école, ce n’est pas le boulot qui manque: «Que ce soit au sein de l’exploitation mais aussi en amont et en aval!»


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