FRANCE

Germanwings: pas de pilote seul et évaluation psychologique requise

Germanwings: pas de pilote seul et évaluation psychologique requise

La présence permanente de deux personnes dans le cockpit des avions de ligne est préconisée par l’Agence européenne de sécurité aérienne. AFP (Illustration)

Un pilote ne doit désormais plus être laissé seul dans un cockpit et une «évaluation pyschologique» des pilotes est nécessaire avant leur embauche, recommande l’Agence européenne de sécurité aérienne dans un rapport sur le crash en mars du vol de Germanwings.

L’Aesa, chargée par la Commission européenne de repérer les failles ayant permis au copilote de faire s’écraser volontairement l’avion dans les Alpes françaises le 24 mars, recommande également que les contrôles annuels inopinés des pilotes professionnels incluent des contrôles de consommation d’alcool et de drogue.

La présence permanente de deux personnes dans le cockpit des avions de ligne, qui n’est pas imposée par les règles européennes, avait été préconisée par l’Aesa après ce drame, mais à titre temporaire.

L’agence recommande «le maintien» de cette règle, entretemps appliquée très largement par les compagnies européennes, à titre volontaire.

Il reviendra à la Commission européenne de décider si cette mesure, ainsi que toutes les autres recommandations de l’Aesa, doit être rendue contraignante, a expliqué une source européenne.

Selon le groupe d’experts de l’Agence, les autres améliorations à apporter concernent surtout les critères de surveillance médicale des pilotes.

Une plus grande surveillance

Outre l’évaluation psychologique «de tous les pilotes de ligne», et la détection d’éventuelles consommations d’alcool et de drogue, ils prônent la création d’un «réseau de surveillants médicaux» des pilotes, et d’une banque de données sur leur suivi médical.

«Il s’agit de faciliter le partage des informations» et de répérer d’éventuels problèmes de santé non déclarés.

«Un effort particulier a été fait pour arriver à l’équilibre» dans ces recommandations «entre le secret médical et la sécurité», se prévaut l’agence.

Les experts ont mené leurs travaux en parallèle de l’enquête du Bureau français d’enquête et d’analyse (BEA), dont le rapport définitif est attendu en 2016.

Cent cinquante personnes sont mortes lors de l’accident de l’A320 de Germanwings, filiale à bas coût du groupe allemand Lufthansa.

Selon les enquêteurs, l’appareil a été précipité au sol par son copilote allemand, Andreas Lubitz, qui s’était enfermé seul dans le cockpit. Il avait souffert dans le passé de graves troubles psychologiques.