ENERGIE

Doubler les objectifs éoliens: insuffisant

Doubler les objectifs éoliens: insuffisant

Près de 25 éoliennes seront installées sur le territoire belge d’ici fin 2015. Un chiffre peu ambitieux pour certaines organisations. carloscastilla – Fotolia

Pour la Fédération Inter-Environnement Wallonie et l’APERe, le plan d’Electrabel n’est pas assez ambitieux. Il n’y a pas de prise de risque.

Passer de 200 à 400 MW en termes d’énergie éolienne, c’est insuffisant. À ce propos, la Fédération Inter-Environnement Wallonie (IEW) et l’APERe parlent d’une seule voix. «En vérité, Electrabel ne fait que reproduire l’effort amorcé depuis 2010. Si l’entreprise se contente de doubler ses objectifs, cela ne suffira pas pour répondre aux exigences européennes», affirme Noé Lecocq, chargé de mission «énergie» à l’IEW. Du côté de l’APERe, le discours est sensiblement identique: «L’investissement éolien d’Electrabel est relativement récent, explique Benjamin Wilkin. En projetant d’atteindre 400 MW d’ici 2020, le groupe ne fait que suivre le rythme d’installation de ces cinq dernières années. Electrabel envisage donc son évolution de manière réaliste, mais peu ambitieuse.» L’enthousiasme de l’entreprise à l’égard de sa stratégie éolienne est donc, manifestement, à nuancer.

Par ailleurs, si la société estime occuper une position de leader en termes d’énergie renouvelable sur le marché belge, il semble que cette assertion nécessite quelques précisions. De fait, l’éolien paraît nettement moins développé que d’autres types de technologies vertes, à l’instar de la biomasse, entre autres.

«Electrabel estime être le premier producteur vert du pays, en incluant, dans ses calculs, le secteur de la biomasse. Cela dit, il faut savoir que les pellets, notamment importés du Canada, participent de l’exploitation forestière. Cela fait de nombreux dégâts en termes environnementaux. De façon générale, c’est une pratique que nous dénonçons», soutient Noé Lecocq.

Des riverains mécontents

Bien que les offres en matière d’éoliennes pourraient être davantage développées en Belgique, de nombreux obstacles entravent la progression des entreprises actives dans le domaine énergétique.

En plus d’un cadre légal relativement strict, ce secteur doit également faire face à une opposition citoyenne. «L’obtention de permis est souvent contrecarrée par des mouvements de riverains très mobilisés, précise Noé Lecoq. Ces gens mènent des campagnes assez agressives, contre le développement éolien. »

Et Benjamin Wilkin de poursuivre: «Beaucoup de recours sont introduits au Conseil d’État contre les projets éoliens, et ce de façon quasi systématique , et non fondée.» Entre frilosité entrepreneuriale et opposition citoyenne, la sortie du nucléaire semble encore très loin.