Bernissart

La Wallonie picarde à vélo: de Bernissart à Ville-Pommeroeul à vélo

Un ouvrage d'art qu'on peut traverser à vélo, mais pied à terre. EdA

Notre première rando à vélo propose de traverser tous les villages de l’entité de Bernissart, en fréquentant des voies d’eau pendant la moitié du parcours.

On ne fera que traverser le canal Nimy-Blaton-Péronnes et le canal Hensies-Pommeroeul.

On longera plus longuement le canal d’Ath et le canal de Pommeroeul. Et on ne passera pas bien loin des Marais d’Harchies qui offrent chaque année une aire de repos pour de nombreuses espèces d’oiseaux lors de leur périple migratoire.

Bref, notre première randonnée d’été à vélo réalisée exclusivement à l’aide des points-noeuds fera la part belle aux voies d’eau : douze kilomètres sur les vingt-trois de notre parcours très familial.

(Pour voir le plan, cliquez dessus)

Au départ du musée de l’Iguanodon, la boucle ne tarde pas à s’engager sur le RAVeL de l’ancienne ligne ferroviaire Blaton-Bernissart (L80/78A). Ouverte en 1976, elle reliait la gare de Blaton, nœud ferroviaire important à l’époque dans le Hainaut, aux anciens charbonnages de Bernissart.

De cette épopée industrielle, des vestiges demeurent. Comme ce pont ferroviaire  déroulant sa solide carcasse métallique au-dessus du canal Nimy-Blaton-Péronnes. On l’empruntera d’ailleurs après le point-noeud numéro 1 pour suivre les points 93 et 92 et enfin le 96 le long du canal, où débute une longue ligne droite le long du RAVeL 1 jusqu’aux alentours de Ville-Pommeroeul. Lors de la traversée du pont, on observera un superbe ouvrage d’art faisant office de barrage ; on peut y passer avec sa bicyclette, mais c’est plutôt sportif car il faut pousser (puis freiner dans la descente) son vélo dans des rails spéciaux longeant les escaliers.

 

De l’eau, encore de l’eau...

 

Au village de Ville-Pommeroeul, on prendra soin d’éviter la longue chaussée de Belle Vue. On l’empruntera sur quelques dizaines de mètres juste après un parc et un kiosque offrant une belle opportunité de pique-niquer à l’abri du soleil ou de la pluie. Une autre opportunité de déposer le vélo et s’offrir une petite pause se présentera au point 41, d’où nous suggérons d’effectuer un aller-retour jusqu’aux points 40 et 35 pour gagner l’impressionnant barrage séparant le canal Hensies-Pommeroeur et le canal Nimy-Blaton-Péronnes. Le coup d’oeil vaut le détour.

Retour au point 41, où un pont enjambe le canal Condé-Pommeroeul jusqu’aux environs des fameux marais d’Harchies. La traversée d’Harchies se fera par des routes assez tranquilles. Quelques routes sont bordées de merveilleux et grands prés fleuris et extrêmement colorés. Après un pont, le dernier de la journée, la randonnée revient sur le territoire de Bernissart. Les routes sont malheureusement assez fréquentées mais on n’est plus très loin de l’arrivée aux alentours desquels on pourra déguster une bière de l’Authentique Brasserie de Blaton (ouverte vendredi et samedi de 10 à 18h). Au passage, en pleine campagne, on ne pourra pas louper la cité du Préau, un complexe de bâtiments où cohabitent une trentaine de nationalités différentes, héritage direct du passé industriel des environs.

 

Saluer l'iguanodon avant ou après la rando

Notre randonnée démarre du musée de l’Iguanodon. La vedette du lieu ? Un squelette fossilisé d’Iguanodon de 5 mètres de haut, daté de 130 millions d’années avant notre ère, emblématique des grands dinosaures herbivores qui vécurent à cet endroit. C’est un des 29 spécimens découverts à la fin du XIXe siècle dans les entrailles d’un ancien charbonnage de l’entité.

Outre l’Iganodon, le musée comprend aussi un mésosaure (premier reptile marin) et des centaines d’autres fossiles et minéraux classés par ère géologique. Ces dernières années, la commune a fait de gros efforts pour offrir aux visiteurs une scénographie digne de ce nom, pour permettre notamment de mieux comprendre le rapport entre le passé minier de la cité et la découverte du dinosaure. "Bientôt se termineront les travaux de la nouvelle galerie d’expositions thématiques entre l’office du tourisme et le musée, qui nous permettra d’offrir un vaste espace d’accueil", nous dit Céline Savignat, en charge du tourisme.

Les travaux se poursuivront en différentes phases, la prochaine étant l’aménagement d’une salle polyvalente dédiée aux animations et ateliers pour le public scolaire. D’une manière générale, le musée deviendra extrêmement attractif pour les enfants et les familles. "Tout est étudié en phase avec le projet Kid Wapi visant à permettre aux familles de visiter le musée en autonomie. Une salle dédié aux enfants a déjà été aménagée pour qu’ils s’approprient leur espace. Bientôt du mobilier spécial arrivera au musée pour rendre les salles ludiques et vivantes, et surtout pour qu’elles suscitent un éveil pédagogique permanent".

Ouvert tous les jours de 10 à 18h sauf lundi, jusqu’au 30 septembre.

 

Une petite faim? Une valeur sûre...

En quittant la chaussée Belle-Vue après avoir préalablement longé le kiosque du village, vous laissez Ville-Pommeroeul dans votre dos.

Rue de la Gare, nous suggérons de quitter provisoirement la boucle de la randonnée (via la première à gauche à hauteur d’une petite placette) pour aller se sustenter au Moulin, un restaurant situé le long de la chaussée.

L’accueil y est chaleureux, le cadre sans chichis, la carte est variée et surtout accompagnée d’un plat du jour à 8 € servi rapidement. "On m’a raconté qu’il y avait ici une meule à grains, on a donc décidé tout naturellement de faire référence à ce moulin en baptisant notre restaurant aménagé dans une grange il y a plus de douze ans", nous dit Gertrude Billemont.

Au début, le commerce consistait en une boulangerie-pâtisserie avec de la petite restauration servie sur quatre tables. Aujourd’hui, des clients viennent encore chercher des pâtisseries maison, mais sur commande seulement. Et le restaurant peut assumer 120 couverts : des vacanciers, des randonneurs, des gens de passage, des personnes qui travaillent dans les environs, etc.

"Et de plus en plus de gens du village fréquentent le restaurant, c’est une reconnaissance locale qui nous fait plaisir", insistent les deux restaurateurs, originaires de Pommeroeul et Ville-Pommeroeul.

La carte fait la part belle aux beaux morceaux de viande (les gros mangeurs sont servis) mais aussi aux poissons. Au Moulin, tout est cuisiné avec le plus possible de produits du terroir, insiste Gertrude Billemont. "J’aime faire mijoter mes plats des heures durant, à l’ancienne", dit-elle.

Les membres du Cercle ornithologique du coin viennent déjeuner et dîner tous les premiers samedis du mois à l’occasion de visites des Marais d’Harchie. Le genre de petite animation qui fait du bien car Pommeroeul et Ville-Pommeroeul ne sont plus autant animés que jadis, observent les restaurateurs. "Des commerces ont fermé leurs portes, les activités et animations se font rares, la commune a tendance à oublier nos deux villages... On doit compter sur nous-mêmes".