Voyage au bout de la nuit

Victoria va vivre les deux heures les plus intenses de sa courte vie. Mais pas les plus belles.

Cette semaine, le frisson est allemand.

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Ce que ça raconte

Il est 5h42 quand Victoria, jeune Espagnole fraîchement débarquée à Berlin, sort de boîte. Elle a dansé, elle a bu, et elle s’apprête désormais à rentrer chez elle quand son chemin croise celui de cinq Allemands gentiment éméchés. Le soleil n’est pas encore levé, l’esprit de la fête est encore là, alors Victoria sympathise avec eux en déambulant dans les rues de la capitale.

Ils décident de prendre un dernier verre sur leur terrasse, et Victoria les suit en se disant qu’après, elle ira ouvrir le café où elle travaille. Une fin de soirée banale, en somme. Elle ne le sait pas encore, mais 2h15 plus tard, la vie de Victoria ne sera plus la même.

Ce qu’on en pense

 

Il y a deux façons d’entrer dans l’odyssée fascinante qu’est Victoria. Il y a d’abord le fond: une histoire au départ plutôt banale, qui met un peu de temps à démarrer, puis qui monte en intensité par paliers, insidieusement, puis intensément, jusqu’au crescendo final. Puis il y a la forme: Victoria est tourné en un seul plan séquence, sans coupe ni montage.

Une prouesse technique d’une impressionnante maîtrise, qui happe le spectateur pour mieux l’entraîner dans ce voyage cinématographique. Le jury de la dernière Berlinale ne s’y est pas trompé en lui décernant l’ours d’argent de la meilleure contribution artistique.

Drame de Sebastian Schipper. Avec Laia Costa et Frederick Lau. Durée: 2h15.