Entre l’hommage révisionniste aux deux premiers films et des scènes d’action dignes d’une série télé, Terminator doit se sentir bien nostalgique du XXe siècle.

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Le film de la semaine
TERMINATOR GENISYS
Science-fiction d’Alan Taylor. Avec Arnold Schwarzenegger, Jai Courtney et Emilia Clarke. Durée: 2h06.

 

En 2029, les vilains robots sont sortis de nos smartphones en Wi-Fi pour éradiquer l’espèce humaine, et ils sont déjà à plus de trois milliards de victimes à leur tableau de chasse. Mais John Connor, le big boss de la résistance humaine, a un plan: envoyer un mercenaire du nom de Kyle Reese en 1984 pour protéger Sarah Connor d’un vilain T-800.

Passé pas si simple, futur très compliqué

Ça vous dit quelque chose? Sauf que… Cette fois, une fracture temporelle va complètement changer le passé et amener Kyle Reese dans un monde alternatif où Sarah Connor est une célibataire badass chaperonnée par un T-800 qu’elle appelle Paps et où, surtout, l’ennemi va changer drastiquement de gueule…

Vous l’aurez compris, on va sérieusement triturer l’espace-temps dans cette cinquième installation du cyborg bodybuildé. Et l’idée de bousculer la mythologie créée par James Cameron n’est pas mauvaise, d’autant que les fans pourront s’amuser à compter les nombreux clins d’œil qui émaillent le film.

Mais encore faut-il s’y attaquer avec finesse, surtout à une époque où l’interconnectivité – le Grand Satan par excellence des films de SF – est devenue une quasi-réalité. Or, ce n’est ici qu’un vague prétexte pour dérouler un scénario bourrin qui se tape la tête sur les paradoxes temporels (qu’Arnold – le T-800 grisonnant comme Einstein – va nous expliquer en glissant des mots comme «champ magnétique», «particules» et machins «quantiques»). Et, franchement, à une époque où le cinéma est envahi par Jurassic Park et Mad Max, tandis qu’on a du Bush et du Clinton dans la course à la présidence US, on préfère avoir quelque chose de simple concernant l’espace-temps, hein.

Boum boum ou bof bof?

Alors, oui: forcément, on ne va pas voir Terminator pour se la mettre minable en physique quantique mais pour en prendre plein la vue. Pourtant, même là, c’est le carême scénaristique: courses-poursuites fadasses (passer après Fury Road, ça ne pardonne pas), des containers entiers de douilles vidés sur des cyborgs que l’on sait indestructibles, aucun écueil n’est évité. Il reste, maigre consolation, Arnold Schwarzenegger et ses punchlines amusantes. Du genre: «Je suis vieux, pas obsolète ». L’opposé de cette franchise, en somme.