L’ÉDITO PAR THIERRY DUPIÈREUX

Nécessaire unité

Nécessaire unité

AFP

L’histoire se répète. Mais avec une inquiétante accélération. Depuis le début de l’année, les extrémistes de l’islam se sont lancés dans une politique de la terreur qui n’a pas de frontière.

Hier, leur folie meurtrière est passée par la France, la Tunisie ou encore le Koweït. Les victimes? Des travailleurs, des vacanciers, des musulmans en prière. L’éventail est large, instillant un sentiment fataliste, apeuré qui se traduit par «personne n’est à l’abri». Dans leur guerre contre la dignité et le respect, les terroristes ne semblent pas avoir de cibles privilégiées, ils frappent là où leurs actes auront une forte répercussion médiatique. Et pour être sûrs que leur forfait marquera les esprits, ils l’accompagneront de détails sordides, de décapitations qui semblent surgir d’un autre âge. L’histoire, donc, se répète et nous inquiète tant la violence et la barbarie semblent l’investir.

Devant ce déferlement d’horreur, les mots encore une fois sont pauvres et sonnent même bizarrement tant ils ont déjà été utilisés pour décrire les atrocités commises ces derniers mois. Hier, le ministre-président wallon Paul Magnette a dénoncé ces «actes concomitants» qui «reculent encore, si c’était possible, les limites de la barbarie, de l’ignominie et de la terreur». Ces mots ont été prononcés à Milan, en marge de l’exposition universelle. Triste antagonisme quand on sait que ces expos ont été créées, jadis, dans un «but principal d’enseignement pour le public, faisant l’inventaire des moyens dont dispose l’homme pour satisfaire les besoins d’une civilisation et faisant ressortir dans une ou plusieurs branches de l’activité humaine les progrès réalisés ou les perspectives d’avenir». La destruction face à la construction. Le mépris face au respect. La violence face à la compréhension. Le monde s’enlise dans ces dichotomies profondes où la folie dévastatrice ne semble pas marquer des signes de faiblesse, se nourrissant des esprits faibles, des rancœurs ambiantes, libérant un fanatisme destructeur de démocratie. Des appels entendus hier, un mot émergeait, unité. Unité contre la haine aveugle. Unité face au terrorisme. Un petit mot de cinq lettres évoquant une solidarité universelle bien nécessaire en ces moments de deuil et de mort.

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