L’Eurométropole Nocturne Tour espérait au bas mot 500 participants; il en a accueilli tout au plus 375, dont 200 venus du Courtraisis. Autrement dit, ce rendez-vous a été un monumental flop quant à son engouement régional. «C’est la faute à l’ACRHO !» s’est exclamé Tarik Bouziane, fervent défenseur, pour ne pas écrire porteur de bidons, de la course. L’ACHRO, cette «course à travers champs», organisée par de «petits esprits de clochers», qui osent ne pas courir comme l’échevin des Sports de Tournai leur dit.

Un discours, rappelez-vous, que super-Tarik avait déjà sorti lors de ses démêlés avec les dirigeants de la Montkainoise qui, eux aussi, avaient eu l’outrecuidance de ne pas s’aligner sur le bon vouloir échevinal.

Bref, à défaut d’écouter et de s’appuyer sur les acteurs de terrain qui, eux, ont fait leurs preuves, Tarik-le-magnifique vient de se prendre une nouvelle claque. Et vu son incapacité à apprendre de ses erreurs, la question n’est pas de savoir s’il s’agit de la dernière mais quand arrivera la prochaine.

Chasses bien gardées

Rien de neuf dans le dossier du CPAS de Tournai et gageons que si la presse (écrite) ne continue pas obstinément à s’en inquiéter, ce n’est pas demain la veille que le sujet reviendra au-devant de la scène politique tournaisienne (souvenez-vous de «l’affaire Singa»). Si nous osons l’évoquer, c’est pour rapprocher ces événements dramatiques avec une autre actualité plus politique.

Voici quelques semaines, un débat existait quant à savoir si une fusion entre Commune et CPAS ne serait pas souhaitable pour des questions d’efficacité, d’économie, bref de bonne gestion. Or, dans l’affaire des détournements à Tournai, le fait que l’institution, et sa direction financière, aient pu agir de leur côté, voire en solo, sans réel contrôle ou même échange avec d’autres services communaux, pourrait partiellement expliquer l’ampleur et la durée des malversations.

Quand il était question de fusion avec la commune, certains au sein des CPAS (ou de l’Union des villes et communes) entonnaient très vite l’air de la défense de l’autonomie, des spécificités, des prérogatives. Le «hic», c’est qu’au regard des événements tournaisiens, ce discours prend subitement des allures de défense de chasses gardées et de petits arrangements peu orthodoxes.

Mais bon, inutile d’y revenir car entre-temps, le PS a décidé qu’il n’y aurait pas de fusion. Or, en Wallonie, quand le PS a dit, tout est dit…

La ville à la campagne

Ce vendredi, les trompettes de Jéricho retentissaient de nouveau pour inaugurer en grand tralala la «première entrée de village de l’entité de Tournai», en l’occurrence un symbole cycliste installé au sommet du Mont-Saint-Aubert. Qui a osé prétendre que la majorité PS-MR ne prêtait aucune attention aux villages de l’entité?

Une petite statue symbolique implantée par-ci par-là fera certainement oublier les déchets dans les rues, les trottoirs envahis de végétation, les fossés qui s’affaissent, les anciens bâtiments communaux qui menacent ruine, les antennes administratives qui n’ouvrent plus que la semaine des quatre jeudis, les ouvriers communaux et les cantonniers que l’on prend en photo pour garder un souvenir, les projets de rénovation qui n’avancent pas…

La liste n’est pas exhaustive. Mais bon, depuis que l’argent du Fonds européen agricole pour le développement rural sert à organiser un show laser de Noël au centre-ville, on sait que la Grand-Place de Tournai, c’est aussi à la campagne, donc quel sens cela a-t-il encore de parler des 29 villages? Au collège, personne ne s’en préoccupe d’ailleurs plus depuis belle lurette; mais quelqu’un l’a-t-il d’ailleurs jamais fait, hormis en campagne… électorale?

Le festival imité

Oui, des initiatives prises chez nous peuvent servir d’exemples. Ainsi, voici quelque temps se déroulait à La Rochelle un festival d’imitation, présenté par Olivier Minne (l’animateur de Fort Boyard), directement inspiré de la manifestation du même genre que l’on connaissait en Wallonie picarde. Quatre imitateurs tentaient de séduire un jury de pros, de partenaires de l’événement et le public. Et en deuxième partie de soirée, one-man-show d’un humoriste.

L’avenir nous dira si cette version charentaise maritime connaît autant, voire plus, de succès que sa grande sœur wapilandaise, malheureusement disparue du paysage événementiel régional après plus de vingt ans de présence.

Le chiffre de la semaine

99,7%. C’est le pourcentage d’enseignants qui font bien leur boulot, selon Joëlle Milquet. Si la ministre de l’éducation avait encore un chouïa de crédibilité, elle l’a désormais perdu. Nous sommes toutes et tous allés sur les bancs de l’école. Assez longtemps, pour la majorité d’entre nous, afin de nous rendre compte que la profession d’enseignant recèle vraiment des femmes et des hommes d’exception, sincèrement amoureux de leur métier, capables de vous marquer à vie par leur conscience professionnelle et leur sens des valeurs humaines. Mais nous avons aussi usé nos fonds de culotte assez longtemps pour croiser le chemin de fameux tire-au-flanc dont le contenu du cours n’a guère varié au cours de la décennie écoulée. Ceci étant, n’est-ce pas le cas dans tous les métiers? Alors si vous connaissez une profession où la proportion des premiers par rapport aux seconds est de 99,7%, faites-nous signe…

Le mot de la semaine

On reste dans le milieu éducatif qui constitue aussi un fameux repère de fumistes, pédagogues, experts des programmes scolaires et autres psycho-machins de l’enfant. Pour le coup, voici quelques dénominations alambiquées que ces ergoteurs de haut vol sont capables de pondre. Un confrère français relevait ainsi que dans le jargon «pédagogiste», le «milieu aquatique profond standardisé», désigne… une piscine. «Créer de la vitesse» signifie «courir» et «traverser l’eau en équilibre horizontal» veut dire «nager». Garanti d’origine dans des manuels officiels! Et nous en avons d’autres en réserve…

La phrase de la semaine

Nous la devons à Pascal Douillez, le secrétaire régional de la CGSP, premier en ligne dans «l’affaire du CPAS» et à qui l’on doit reconnaître, outre sa pugnacité, son sens de la formule (humoristique) qui fait mouche. Lors d’un entretien accordé à un confrère régional, évoquant la présidente du Centre de l’aide sociale tournaisien et la ministre de l’Éducation aux prises avec les examens annulés, il déclarait: «À force de soutenir Rita Leclercq et Joëlle Milquet, Rudy Demotte va finir par devoir porter des soutiens-gorge».


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