4,4 milliards de dollars sont promis

Depuis le 25 avril, un Népalais sur 10 n’a plus de toit dans ce pays ravagé par un séisme. AFP

En tout, 4,4 milliards de dollars ont été promis au Népal pour sa reconstruction. Mais certains craignent que l’argent soit mal utilisé.

Les donateurs internationaux, Inde et Chine en tête, ont promis jeudi d’octroyer 4,4 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros) pour la reconstruction du Népal.

Le Népal estime avoir besoin de 6,7 milliards de dollars pour se rétablir après le séisme qui a tué plus de 8 800 personnes, détruit un demi-million de logements et jeté à la rue des milliers d’habitants manquant d’eau et de nourriture. Depuis le 25 avril, une personne sur 10 n’a plus de toit.

L’appel aux dons a été «un grand succès», récoltant 2,2 milliards de dollars de prêts et 2,2 milliards de dons, a commenté le ministre des Finances népalais, Ram Sharan Mahat, à l’issue de la réunion des donateurs, jeudi.

La ministre des Affaires étrangères de l’Inde, Sushma Swaraj, a promis 1 milliard de dollars, dont un quart sous forme d’aide. Son voisin et rival chinois s’est engagé à fournir une assistance de 483 millions de dollars. Les deux puissances asiatiques se sont historiquement livrées à une lutte d’influence au Népal et tous deux se sont fortement impliqués dans l’assistance aux victimes après le séisme.

La Banque mondiale avait promis dès mardi 500 millions de dollars tandis que la Banque Asiatique de développement (BAD) s’est engagée à hauteur de 600 millions, le Japon 260 millions, les États-Unis 130 et l’Union européenne 100.

Le gouvernement veut centraliser toute l’aide dans un nouvel organisme public pour coordonner la reconstruction mais certains donateurs internationaux s’inquiètent de voir les fonds mal utilisés en raison d’une bureaucratie envahissante et d’un manque d’organisation. Le Premier ministre a promis une «tolérance zéro contre la corruption».

Pas de corruption et projet cohérent

Mais au-delà de l’argent, certains experts soulignent l’absence de projet cohérent: «Il manque une stratégie claire. Le gouvernement doit exposer un plan crédible de mise en œuvre des projets de reconstruction avec un calendrier.»

La communauté internationale avait ainsi promis plusieurs milliards de dollars d’aide à Haïti après le séisme qui avait ravagé le pays en janvier 2010.

Mais ces promesses s’étaient peu concrétisées, les donateurs retardant leurs engagements en raison de craintes de corruption et de l’instabilité politique. Plusieurs milliers d’Haïtiens vivent ainsi toujours dans des abris d’urgence cinq ans après le séisme.