Le bracelet d’entrée de plus en plus connecté

Le bracelet d’entrée de plus en plus connecté

Les bracelets d’accès aux festivals vont de plus en plus permettre de connaître vos habitudes. Au détriment de votre vie privée? Reporters

Les bracelets à puce existent depuis plusieurs années. Aujourd’hui, on les connecte à Facebook. Avant de s’en servir comme porte-monnaie?

«Waow, elle est canon la jolie rousse que je viens de croiser!» «T’as pris son numéro?» «Ben non, j’ai pas osé…» Il y a deux ans encore, Pierre, 19 ans, n’aurait pas pu connaître le prénom de la festivalière croisée. Mais depuis l’an dernier, le festival electro Tomorrowland a lancé une nouvelle tendance: le bracelet connecté aux réseaux sociaux.

Ce dernier permet non seulement d’avoir accès au festival - comme c’est le cas depuis quelque temps maintenant dans de nombreux événements grâce à une puce RFID (Radio Frequency Identification) – mais aussi de se «connecter» aux autres festivaliers que vous croisez, via votre page Facebook et vos demandes d’amis.

Un gadget de plus? Pas vraiment, puisque cette année, d’autres gros festivals ont emboîté le pas: Rock Werchter et TW Classic vont, eux aussi, passer proposer de connecter votre bracelet d’entrée aux réseaux sociaux. Pour ce faire, vous devrez d’abord enregistrer votre bracelet sur le site du festival. Pour vous y inciter, on vous offre une série d’avantages (précommande de tickets pour 2016, réduction pour des bouchons d’oreilles…) et de concours (abonnement à un site de streaming, gain potentiel d’une voiture…). Vous pourrez aussi scanner votre bracelet à l’un des points de partage répartis sur la plaine du festival et tenir vos amis au courant de votre parcours, grâce à une mise à jour automatique de votre statut Facebook. Cerise sur le chapiteau, vous pourrez aussi vous faire photographier et poster le cliché sur votre page.

«Attentifs à ces développements»

Si le bracelet connecté semble devenir la norme en Flandre, du côté francophone, on réfléchit encore à la question. Que ce soit à Dour, aux Francofolies ou aux Ardentes, on utilise encore des bracelets en tissus et/ou en plastique. Mais on n’exclut pas de proposer de nouvelles technologies dans le futur. Comme le confirme Marc Radelet, porte-parole des Francofolies de Spa. «Nous sommes attentifs à tous ces nouveaux développements. Mais il y a aussi une série de paramètres (NDLR: techniques, financiers, partenaires…) dont nous devons tenir compte.»

Aux Francofolies, par exemple, c’est la Loterie nationale qui fournit tous les bracelets. « Si la Loterie veut passer aux bracelets connectés, bienvenue!, s’exclame Marc Radelet. Mais c’est un système qui coûte assez cher et qui demande de gros investissements pour le contrôle. En plus, à Spa, c’est un peu plus compliqué puisque nous disposons de plusieurs sites répartis dans la ville. C’est autre chose que de contrôler quatre points d’entrée dans une plaine.»

Aux Francos, on testera par contre cette année une appli spécifique pour l’Apple Watch. On y retrouvera essentiellement le programme. Mais la porte reste ouverte à d’autres développements dans le futur.

Dans un avenir proche, les bracelets permettront non seulement d’entrer ou de se connecter à ses (futurs) amis, mais aussi de payer des boissons, de la nourriture ou de retrouver la playlist de vos artistes favoris. Avec le danger de voir vos données récupérées par des sponsors qui pourront cibler encore mieux vos habitudes de consommation. Du côté de la Commission vie privée, on rappelle le principe de base: «L’utilisateur qui utilise ce type de bracelet connecté doit savoir ce que cela implique. Si les règles sont expliquées clairement sur le site du festival, cela ne pose pas de problème.»

Bientôt, Big Brother sera lui aussi un rockeur!