Faut-il en rire ou en pleurer? Durant des années, l’Imstam n’apparaissait au grand jour qu’en une seule occasion: pour réclamer des communes qui y adhèrent de renflouer ses caisses désespérément vides. Jusqu’au jour où l’une de ces entités, Frasnes en l’occurrence, en a eu marre de jouer aux bouche-trous et a menacé de se désaffilier. Hypertension à l’intercommunale d’œuvres médico-sociales et hypotension de la présidente Barbaix…

Un an et une cure de bêtabloquants plus tard («bêta», pas à prendre au sens premier), le patient au bord de l’agonie est non seulement hors de danger, mais prêt à s’inscrire aux 20 km de Bruxelles à cloche-pied les mains sur la tête.

Fini les soucis d’argent, d’une perte de 190 000€ en 2013, on passe à un bénef de 200 000€ en 2014. Nonobstant la couleur rouge dominante de l’institution, on crierait presque au miracle.

Alors, en rire ou en pleurer? En rire si l’on considère que dorénavant l’Imstam est capable de s’assumer financièrement. En pleurer, car sans le coup de pied dans le derrière, tout indique que l’intercommunale serait toujours en train de quémander l’aide des communes, donc l’argent des contribuables. Pourquoi donc ces mesures d’assainissement et de saine gestion n’ont-elles pas été prises plus tôt?

Surtout, le plus horripilant dans cette histoire est de se dire que tous ces mandataires locaux qui en cessent de se plaindre du sort fait aux communes ont, pendant des années, bouché un trou sans fond, sans s’interroger, sans rien contrôler. Et pour une intercommunale assainie «de force», combien d’autres continuent à «faire à leur mode»?

On frappe sèchement sur le court lessinois

On ignore si le terrain leuzois est ou va être si fécond en échanges nerveux, mais sur le court politique de Lessines, on assiste parfois à des échanges musclés. Ce fut souvent vrai ces dernières années, avant une accalmie. La crise politique déclenchée à l’automne dernier a en tout cas relancé quelques «matches», comme celui interne au camp socialiste, entre le bourgmestre Pascal De Handschutter et Isabelle Privé. Lors du récent conseil communal, alors qu’une de ses propositions venait d’être rejetée, Isabelle Privé a envoyé une frappe lourde: «C’est la majorité du nombre, mais pas celle de l’intelligence…»

Revers instantané du bourgmestre: «Vous, l’intelligence, vous êtes mal placée pour en parler…»

Liberté

Tout le monde est d’accord: liberté ne doit pas être synonyme d’anarchie (absence de chef). Et chacun sait aussi que la liberté individuelle se termine là où commence celle du voisin.

Dans beaucoup de partis politiques (sinon tous…), la liberté est souvent érigée parmi les valeurs de référence. Il est cependant permis de rester perplexe devant ces credo quand on observe les manèges auxquels se livrent régulièrement ces mêmes partis. Dans bien des cas, des ordres venus (d’en haut) dictent leur comportement à d’humbles membres ou élus. «Le parti a décidé : marche au pas».

Le PS a souvent illustré un tel fonctionnement martial. Mais l’actualité régionale a mis en lumière que le PS n’a pas le monopole de tel fonctionnement.

Le «parti des libertés» a prouvé à Leuze qu’il aime aussi les mélodies des claquements de doigts et des talons. Un petit soldat ne marchait point au pas et, jusqu’ au dernier moment, il a reçu des «ordres venus d’en haut» pour s’aligner.

On a connu un scénario similaire à Ath fin 2012.

Et il ne faut pas chercher loin pour trouver trace de pareille «discipline» au parti centriste. Et ailleurs encore.

On n’évitera pas que les partis politiques usent de telles méthodes. Mais qu’ils cessent au moins de faire croire qu’ils souscrivent aux valeurs de liberté.

Le mot de la semaine

Il ne faut pas y réfléchir bien longtemps, le mot «démission» s’impose à double titre.

Démission à propos de la présidente du CPAS de Tournai dans la tourmente que l’on sait. On peut volontiers prêter à Rita Leclercq toutes les qualités humaines que l’on veut, à un moment donné, il faut aussi reconnaître que l’accumulation finit par saper la crédibilité de la moindre démarche.

Et prétendre dans un tel contexte que l’on ne peut dresser aucun lien entre un détournement de deux millions dans une institution et le fait que cette même institution a dû licencier du personnel pour cause de difficultés financières, c’est franchement se moquer du monde.

Démission aussi à propos de l’attitude de Rudy Demotte et de l’ensemble du collège de la Ville de Tournai. Face à l’accumulation de dysfonctionnements d’une telle ampleur, continuer à louvoyer en prétendant maintenir le cap (quel cap?) cela revient à… démissionner de ses responsabilités.

La phrase de la semaine

Nous la devons à Pascal De Handschutter, bourgmestre banni du PS de Lessines: «Le ministre Furlan essaie de noyer le poisson et il dit qu’une reconfiguration menacerait les provinces. Et bien, justement, supprimons les provinces, des machins qui ne servent plus à rien du tout, des institutions budgétivores».

Il est vrai qu’interrogé sur la volonté de trois communes (Lessines, Enghien et Silly) de rejoindre le triple arrondissement électoral de Tournai-Ath-Mouscron (donc de «dégager» du Centre), le ministre Furlan avait renvoyé la question aux oubliettes, torpillant au passage les «bassins de vie». Et dans son élan, De Hanschutter assénait encore, face au refus de la commune de Chièvres d’appuyer la demande des trois communes: «Je ne suis pas étonné: Bruno Lefebvre (bourgmestre de Chièvres) est un pion actionné par le PS qui a manifestement donné des directives»

Et vlan!


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