CINÉMA

La révolte citoyenne, tout en douceur

Sillonnant les salles de Wallonie, le film de Manuel Poutte propose des alternatives au système. Lentement, doucement, mais sûrement.

Quelle pétition signez-vous cette semaine? Manifestations, actions spontanées, Syriza, Podemos, pétitions anti-TTIP…

On le voit: une partie des Européens étouffés par l’hégémonie des diktats de l’ultralibéralisme s’indignent, et le font savoir. Réalisateur d’Une Douce Révolte, Manuel Poutte en sait quelque chose: en 2000, son film En Vie tissait le portrait de militants engagés et enragés contre la mondialisation de l’économie de marché.

«Hélas, souvent ces mouvements sont portés par des jeunes qui à un moment s’épuisent ou se rangent. Ici, je voulais être dans la lenteur et le progressif. C’est moins spectaculaire, moins romantique que la révolte exaltée, mais je pense que le romantisme, ça marche un temps – surtout exacerbé par les médias, qui adorent les images-choc -, mais le vrai changement, ça demande du temps. L’idée du film était de rendre visible des choses qui le sont moins dans les médias, car ce n’est pas spectaculaire.»

De l’indignation à l’action

Pas spectaculaire, mais bien révolutionnaire.

De la France à l’Italie en passant par Bruxelles, Une Douce Révolte montre comment, lentement mais sûrement, des citoyens passent de l’indignation à l’action en proposant des alternatives viables à quatre piliers fondamentaux de notre société: l’économie (via les Citta Slow ou «villes lentes»), l’action citoyenne (via la désobéissance civile), la finance (via la monnaie locale) et la politique (via le parti belge Rassemblement R). Des exemples édifiants d’alternatives socio-économiques questionnant ce système qui martèle qu’il n’y en a pas.

«Ce qui m’intéressait, c’est que ces actions ne venaient pas de jeunes révoltés, mais de citoyens lambda», poursuit Manuel Poutte.

«Et aussi l’aspect positif de toutes ces démarches, loin des violences des manifestations et des actions “contre”! Ça n’empêche pas que de temps en temps il faille agir dans la contestation, parce que symboliquement c’est important. Mais il ne faut pas que la démarche s’arrête là!»

Des pistes concrètes

Et pour prolonger les démarches que montre le film, le spectateur belge a des pistes à disposition.

Car de l’épi, la monnaie locale de la Lorraine belge (enepisdubonsens.eu) au SEL, Système d’Échange Local (selcoupdepouce.be) en passant par Silly, Enghien ou Evere, reconnues «villes lentes» officielles, la révolution tout en douceur est à portée de main(s)…

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