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Grève TEC : le cdH veut des sanctions

Grève TEC : le cdH veut des sanctions

Pour Dimitri Fourny, une grève sauvage doit être assimilée à une absence injustifiée. BELGA

De la retenue sur salaire au licenciement: le cdH veut «responsabiliser», donc sanctionner, les auteurs de grèves sauvages au TEC.

Le texte de la proposition de résolution sera déposé ce lundi en commission du Parlement wallon: quatre députés cdH veulent responsabiliser les chauffeurs du TEC quand il est démontré qu’ils sont les instigateurs d’une grève sauvage.

Dimitri Fourny, votre proposition de résolution vise à responsabiliser les conducteurs de bus en Wallonie. Ils ne sont pas responsables?

Nous voulons responsabiliser les chauffeurs à titre individuel, quand ils sont tenus pour responsables du déclenchement d’une grève sauvage. C’est-à-dire hors cadre de toute concertation syndicale et de toute négociation. Il y a des fauteurs de trouble au TEC. Ils sont quelques-uns à mettre la pagaille. Il faut les placer devant leurs responsabilités.

Il y a déjà Amédis, le programme de prévention des conflits sociaux à la SRWT. Ça ne marche pas?

Il existe et c’est tant mieux (selon le cdH, le plan Amédis aurait même permis de réduire considérablement le nombre de grèves, préavisées ou non, NDLR). Mais ici, on parle de fauteurs de troubles, de ceux qui agissent en dehors de toute concertation justement. À un moment donné, il faut prendre des sanctions contre leurs agissements.

Comment, concrètement?

Actuellement, le règlement de travail ne prévoit pas de sanctions pour ces gens qui entreprennent des actions isolément. Il faut donc le modifier pour intégrer ça, après négociation au sein de la SRWT avec les syndicats. Une grève sauvage doit être assimilée à une absence injustifiée.

Et à quoi pourraient ressembler ces sanctions?

Une retenue sur salaire, un retrait au niveau des heures… Ça doit être graduel, en fonction des dommages engendrés, du caractère répétitif, etc. Jusqu’à la sanction ultime en cas de répétition, par exemple: le renvoi.

Vous vous inspirez de ce qui existe déjà à la SNCB. Mais est-ce que ça marche, de ce côté?

Pour que ça marche, il faut que le principe des sanctions, actées dans le règlement de travail, soit inclus dans le contrat de gestion, pour en prévoir la mise en œuvre effective.

Mais comment identifier ceux qui seraient responsables de ces grèves sauvages?

Il faut bien avouer qu’ils ne sont pas non plus 150 000. Mais ce sont toujours les mêmes. Le règlement de travail doit prévoir ce processus d’identification, en concertation avec les syndicats. On peut passer par la police, par des agents assermentés, des huissiers… Tout ça doit faire l’objet d’une concertation.

Et vous pensez que les syndicats vont accepter de passer par ce genre de négociation?

Ils y ont intérêt, eux aussi. Eux-mêmes voient régulièrement leur potentiel de dialogue vicié par certains actes isolés.

Est-ce qu’on ne frôle pas l’atteinte au droit de grève?

Pas du tout! Le droit de grève est reconnu. C’est l’arme ultime en cas de non-aboutissement de négociations. C’est aussi pour ça que les syndicats ont intérêt à empêcher des tiers d’avoir la mainmise sur les négociations.

Pendant longtemps, le cdH a revendiqué le service minimum en cas de grève. Vous renoncez?

À nouveau, le service minimum doit être praticable à un moment donné. Mais ça dépend d’une législation fédérale. C’est annoncé pour la SNCB. On va attendre. Dès que ce sera établi, on suivra!