Un artiste belge censuré à Athènes en raison d'une vidéo projetant des nus

Une œuvre vidéo de l'artiste belge Kris Verdonck montrant deux nus monumentaux et qui était projetée depuis le 21 mai dans le centre d'Athènes, a été censurée après qu'un prêtre orthodoxe l'ait signalée à la police. Les deux nus projetés sont inspirés des cariatides grecques et n'ont, selon leur concepteur, aucune connotation sexuelle. L'artiste, qui précise ne pas avoir voulu susciter de polémique, déplore l'immixtion de l'église dans son travail.

Les "Stills", deux nus monumentaux de 24 mètres sur 15 et commandés par la Fondation Onassis, étaient projetés sur une façade d'un bâtiment privé de la place Klafthmonos, dans le centre d'Athènes. Ils représentent un homme et une femme nus dont les corps sont entièrement tatoués, et inspirés des cariatides grecques, des statues anthropomorphes destinées dans l'architecture à soutenir une architrave à la place de la colonne ou du pilier.

"Les cariatides sont généralement des représentations d'hommes ou de femmes vigoureux symbolisant une forme d'adhésion à un pouvoir religieux, politique ou financier. Les cariatides que j'ai projetées sont au contraire des gens ordinaires qui ploient sous le système qu'ils sont censés représenter et qui les enferme. Les 'Stills' traitent de l'existence de l'homme contemporain, de sa place dans le monde et de la difficulté qu'il a à s'adapter à la situation politique et économique actuelle", a indiqué Kris Verdonck

"J'ai voulu utiliser le langage formel des cariatides traditionnelles, des nus souvent légèrement fléchis sous le poids du bâtiment qu'ils soutiennent. Ces représentations sont déformées tout comme nous le sommes par la 'camisole' que nous impose la situation politico-économique actuelle. Cette dernière est particulièrement perceptible à Athènes", a-t-il ajouté.

"Jamais je n'aurais pensé que ces images puissent choquer. Il semblerait que le pouvoir politique et religieux ne soient pas séparés en Grèce mais ces images n'adoptent pas de point de vue politique ou religieux mais interrogent sur la condition humaine", a-t-il conclu.