La Cité administrative va pouvoir changer de visage

La tour de 18 étages, dont l’aspect esthétique ne convainc pas la totalité des Liégeois, va connaître une rénovation e profondeur. REPORTERS

La Cité administrative, bâtiment emblématique et controversé de Liège, va pouvoir être rénovée en profondeur grâce à des subsides européens. Ce projet «zéro carbone» est le plus important du genre en Europe.

La rénovation de la Cité administrative, bâtiment érigé pour abriter de nombreux services communaux liégeois, va pouvoir se concrétiser. C’est l’une des bonnes nouvelles rapportées à Liège ce jeudi par le gouvernement wallon, qui a détaillé la répartition des subsides européens Feder.

Parmi les cinq gros projets retenus pour la Ville de Liège, celui de la Cité administrative revêt un caractère particulièrement central, tant ce dossier est présenté depuis plusieurs années comme une priorité par les autorités communales. Quelque 22,7 millions d’euros seront donc consacrés à ce vaste chantier, dont 50% en provenance de la Wallonie, 40% de l’Union européenne et 10% de la Ville de Liège.

Ce bâtiment inauguré en 1967, avec ses 18 étages et ses 8000 m2 de vitres est devenu vieux et, surtout, très énergivore. Il ne répond plus aux normes, à tel point qu’il s’est vidé au printemps 2013, les services de la Ville s’étant installés progressivement rue des Guillemins.

Faut-il le signaler, la Cité administrative n’est pas forcément appréciée – d’un point de vue esthétique – de l’ensemble des Liégeois. D’aucuns y voient une sorte de coup de poing dans l’œil, qui gâche la vue du sommet de la montagne de Bueren vers la Meuse, ou de la vallée vers la Citadelle, c’est selon…

Elle demeure en tout état de cause un témoignage de la dynamique architecturale des années 1960. Dessinée par les architectes liégeois Henri Bonhomme et Jean Poskin, elle a été inaugurée en 1967 et n’est pas sans rappeler – toutes proportions gardées – le siège de l’ONU à New York. C’est à cette époque que sont aussi apparues la tour Kennedy, la résidence Simenon ou encore l’ensemble des Chiroux.

Le plus gros bâtiment «zéro carbone» d’Europe

Jamais véritablement rénovée, la Cité administrative s’apprête donc à subir un profond lifting. À vrai dire, les autorités communales parlent même d’un projet «Cité zéro carbone» qui servirait de modèle européen. «Ce sera le plus grand bâtiment rénové pour atteindre le “zéro carbone” en Europe», assure Willy Demeyer.

Le projet pourrait avancer d’ici quelques mois. La procédure visant à lancer le marché sera entamée avant la fin de l’année, promet l’échevin liégeois des Travaux Roland Léonard.

On y évoque une réduction de 600 tonnes de production de CO2 par an, à l’aide d’une série d’innovations technologique. On devrait y installer panneaux solaires, micro-éoliennes, système de récupération de l’eau de pluie et, plus spectaculaire, des façades bioclimatiques.

En plus des importants travaux intérieurs, l’aspect extérieur de la tour devrait donc sensiblement muer. Et s’améliorer, sans doute. De quoi réconcilier les Liégeois avec l’un des bâtiments les plus visibles de leur ville?

Les autres gros subsides pour Liège

Pour rappel, voici les quelques autres gros projets subsidiés par les Fonds européen de développement économique et régional (Feder) à Liège:

– 28,5 millions d’euros pour le site désaffecté de Bavière, où sera implanté un pôle créatif avec l’installation de la nouvelle bibliothèque des Chiroux, une maison de la création artistique, une pépinière d’entreprises, une vocation académique (Saint-Luc, Barbou, etc.), entre autres. C’est la Province de Liège qui est en charge de ce dossier.

– 35 millions d’euros pour la construction de nouvelles Halles de Foires à Bressoux

– 24,1 millions pour la réalisation de l’écoquartier de Coronmeuse, avec du logement, des infrastructures de mobilité douce, etc.

– Des subsides pour la réalisation d’un boulevard urbain et d’une refonte complète de l’entrée de Droixhe, vers Bressoux, là où se trouve actuellement la fin de l’autoroute E25 en provenance de Cheratte. Le montant n’est pas encore arrêté mais devrait avoisiner 9 millions d’euros.

– 3,1 millions pour la rénovation du bâtiment «Le Fiacre» et sa transformation en «Hub créatif» par Meusinvest

– 3,8 millions pour la dépollution du site LBP à Chênée et 2,8 millions pour celle du site Horloz à Sclessin, par la Spaque.