La Belgique suspend son soutien

L’interdiction des manifestations n’empêche pas la contestation de se poursuivre au Burundi AFP

La Belgique suspend «dans les circonstances actuelles» son soutien au processus électoral au Burundi et sa coopération policière.

La Belgique a décidé ce lundi de suspendre son soutien au processus électoral au Burundi, où la contestation contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza a entraîné des violences meurtrières depuis la fin avril. Et elle a été suivie par les Pays-Bas et la Suisse.

«Un budget de 4 millions d’euros était prévu pour soutenir les élections au Burundi. Une première tranche de 2 millions a déjà été versée. Dans les circonstances actuelles, le versement de la tranche restante doit être suspendu», a précisé le cabinet d’Alexander De Croo, ministre Open Vld de la Coopération au développement.

Alexander De Croo a relevé que la mission d’observation électorale de l’Union Européenne au Burundi a pris les devants la semaine dernière, en jugeant que «les conditions pour des élections libres ne sont pas réunies pour l’instant». «L’idée d’un glissement du calendrier électoral serait à nos yeux une bonne chose», a ajouté ce lundi l’envoyé spécial de l’Union pour la région, Koen Vervaeke, qui parlait aussi pour les États-Unis et la Suisse.

En matière policière, la coopération qui lie la Belgique et les Pays-Bas au Burundi, doit elle aussi être «suspendue provisoirement», estime Alexander De Croo: sur un total de cinq millions d’euros, trois millions sont en suspens. Le gouvernement belge rappelle que le Haut Commissariat aux droits de l’Homme des Nations Unies a fait état de onze manifestants abattus par la police «alors qu’elle n’était pas en situation de légitime défense».

La campagne électorale des législatives et communales du 26 mai, qui précèdent la présidentielle du 26 juin, a été officiellement ouverte dimanche. Ce lundi, malgré leur interdiction, les manifestations se sont poursuivies de Bujumbura à Musaga, dans le sud.

Un sommet de la Communauté d’Afrique de l’Est (Burundi, Rwanda, Kenya, Ouganda, Tanzanie) se tiendra ce mercredi à Dar-es-Salam, en Tanzanie, pour tenter de trouver une sortie de crise.