POLITIQUE

Aéroports wallons: Di Antonio savoure la pagaille qu’on lui reproche

Aéroports wallons: Di Antonio savoure la pagaille qu’on lui reproche

Carlo Di Antonio veut une Région plus aux commandes des aéroports wallons. ÉdA – Villance Ghizela

Imperturbable face à des parlementaires agacés, le ministre Di Antonio confirme son souhait de mieux piloter les aéroports wallons.

Joli contraste. D’un côté, des parlementaires qui fustigent les déclarations de Carlo Di Antonio sur ses déclarations dans L’Avenir quant à une possible fusion des aéroports. Et de l’autre, le ministre en question qui écoute, la mine amusée, avant d’expliquer calmement que toute cette agitation lui a fait gagner un temps précieux…

Comme expliqué dans nos éditions de jeudi, tous les groupes politiques étaient impatients de voir, comment et surtout concrètement, Carlo Di Antonio veut donner un nouvel envol à la politique aéroportuaire wallonne. Devant le Parlement, le ministre a soigneusement calibré son propos, évitant d’ailleurs de prononcer le mot de «fusion». Deux pas en avant puis un pas en arrière? C’est l’avis de certains parlementaires tels que Pierre-Yves Jeholet (MR) ou Matthieu Daele (Écolo) qui ont aussitôt parlé de «courbe rentrante».

Di Antonio persiste pourtant: ce qui a fait le succès des aéroports jusqu’en 2014 doit aujourd’hui être profondément modifié. Avec un brin d’ironie, Di Antonio a d’ailleurs souligné que depuis son interview dans L’Avenir, il a pu voir beaucoup plus clair dans les intentions des différents acteurs: actionnaires privés et publics ou encore gestionnaires. Des acteurs à qui le ministre entend rappeler que la Région wallonne reste une ressource essentielle dans leur développement. Une façon de rappeler que l’émancipation des gestionnaires quant à leurs différents projets n’est guère compatible avec des résultats dépendants de manière encore substantielle du financement public.

Pas une seule boîte aux lettres

Même petit rappel à l’ordre à l’intention des actionnaires privés lorsqu’il souligne que le rôle de la Région wallonne n’a pas pour vocation «de leur garantir des dividendes».

Au-delà de ce qui relève d’une mise au point, les députés restent sur leur faim: fusion ou pas? Di Antonio rétorque qu’une structure de gestion unique n’a rien de novateur puisqu’une étude de PWC la suggérait tout en soulignant les difficultés d’une telle consolidation. «L’idée n’est pas d’avoir une seule boîte aux lettres mais d’arriver à ce que la Région puisse agir sans devoir consulter un tas de personnes». Au fait, n’était-ce pas la vocation de la Sowaer?

Contenu plus clair que le contenant

Le ministre en charge des aéroports a donc précisé les balises de sa politique. Un développement plus concerté entre les deux aéroports, des investissements mesurés et cohérents à un niveau régional, une concurrence à éviter et donc un sous-localisme à brider.

Au passage, le ministre n’a pas manqué d’en moucher quelques-uns. «Tout le monde me dit qu’il n’y a pas de concurrence. Pourtant, quand on investit à Liège, des élus carolos viennent réclamer quelque chose. Et ça va dans les deux sens». Personne n’a relevé…

Cela étant, Carlo Di Antonio a peut-être été plus clair sur certains points de contenu, le contenant reste encore flou. Comment veut-il rebattre les cartes de l’organigramme? Comment améliorer la gouvernance qu’il semble questionner? L’homme promet de clarifier dans les prochains mois. À défaut, le Parlement risque de lui tirer encore plus vertement les oreilles.

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