Interdire les spectacles de rapaces, et après ?

Interdire les spectacles de rapaces, et après ?

Après les spectacles de rapaces quels seront les suivants sur la liste des associations de défense animale? Heymans

Cinq associations réclament l’interdiction des spectacles de rapaces. Après les cirques, bientôt la fin de l’utilisation ludique des animaux?

C’est un vrai front commun. Natagora, Gaia, Animaux en péril, Jeunes et Nature, le Cercle des naturalistes de Belgique et la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO) ont envoyé un courrier au ministre wallon du Bien-être animal, Carlo Di Antonio en lui demandant d’interdire les spectacles de rapaces, pourtant très populaires chez nous.

« Nous ne visons pas la fauconnerie, reconnue par l’Unesco» explique Corentin Rousseau de la LRBPO.

«Ce que nous voulons, c’est faire interdire les spectacles de rapaces parce qu’ils vont à l’encontre du bien-être animal. Les animaux qui sont utilisés sont des animaux sauvages, pas domestiqués, qui ont besoin d’espace. Or on les maintient dans des cages de 1 à 2 m2 . On les affame quelques heures avant le spectacle pour qu’ils reviennent manger près du fauconnier au moment voulu. C’est de la maltraitance».

Après l’interdiction de l’utilisation d’animaux dans les cirques il y a peu, les 5 associations voudraient donc voir la législation se durcir encore et élargir le propos à plusieurs catégories d’animaux.

«Il faudrait faire deux listes» poursuit Corentin Rousseau. «Dont une avec les animaux qu’on peut utiliser. Comme les lapins. Personne ne se plaindra qu’un magicien sorte un lapin de son chapeau. Simplement parce que cet animal vit avec l’homme depuis des milliers d’années et qu’il est même content d’être entouré d’êtres humains. Et puis, il faut une autre liste avec les animaux interdits. Comme les félins, par exemple».

Pour revenir aux rapaces, Corentin Rousseau concède que tous les fauconniers ne maltraitent pas forcément leurs animaux. Mais il constate aussi que la majorité des spectacles ne font pas de la vraie fauconnerie mais utilisent en revanche toutes sortes d’oiseaux comme des buses mexicaines, des vautours, des grands-ducs.

« Ce genre de spectacle ne sert qu’à impressionner le public et est nuisible aux animaux», insiste le représentant de la LRBPO.

Les 5 associations ont également lancé une pétition allant dans le sens d’une interdiction. Elles espèrent récolter un maximum de signatures et ainsi faire pression sur le ministre Di Antonio.

Pairi Daiza, seul garant du bien-être ?

«Nous ne sommes absolument pas visés par le communiqué de presse de ce 8 avril, co-signé par Natagora et la LRBPO. Ce communiqué visant les organisateurs de foires, activités médiévales et visites de châteaux.

N’hésitez pas à contacter la direction de Natagora (M. Funcken, directeur de Natagora) et de la LRBPO (M. Beaumont, président) qui vous le confirmeront».

Voilà la réaction du parc Pairi Daiza à la demande du collectif d’associations. Et pour cause: le célèbre parc animalier de la région de Mons a signé une convention… avec la LRBPO selon laquelle la Ligue s’engage en gros à ne pas intenter d’actions contre le parc en matière de bien-être animal. Curieux?

Pour Corentin Rousseau de la LRBPO, pas tant que ça. «Nous avons établi que Pairi Daiza était un parc où le bien-être animal était plus respecté qu’autre part. Même si ce n’est pas parfait». Voilà qui doit être apprécié dans d’autres parcs animaliers dont certains font, malgré tout, des efforts pour traiter du mieux qu’ils peuvent leurs animaux.

Car eux, au même titre que les foires ou les spectacles médiévaux, sont bel et bien visés par la demande d’interdiction des spectacles de rapaces.