Le débat sur le soi-disant élitisme de l’info ertébéenne qui nuirait aux audiences, ça fait longtemps qu’il court dans les couloirs de Reyers.

Mais jamais, sans doute, n’a – t-il été aussi présent qu’aujourd’hui.

On peut évidemment comprendre le souci de la direction de s’adresser au plus large public possible.

Pour un service public, c’est même une nécessité et une obligation: l’éducation permanente pour tous est l’un des piliers d’une télé et d’une radio publiques.

En ce sens, on ne peut évidemment pas reprocher aux pontes de l’info de demander aux journalistes d’amener les spectateurs et auditeurs vers la compréhension de l’actualité. Tant dans le choix des sujets que dans la manière de l’aborder.

Mais attention: simplifier ne veut pas dire utiliser des notions simplistes. Et jouer la carte de la proximité, ce qui est éminemment louable, ne signifie pas abaisser le niveau.

Il est tout à fait possible de rendre compréhensible pour chacun des sujets très compliqués. Que ce soit dans des matières aussi diverses que la politique, les sciences ou les grands enjeux sociétaux, les journalistes de la RTBF le démontrent tous les jours.

Raison pour laquelle certains d’entre eux se sentent aujourd’hui mal à l’aise quand on leur fait comprendre que leur niveau de langage est trop élevé pour le public qu’ils visent.

De la part des chefs de l’info, il s’agit là d’une maladresse sans doute.

Mais dans la tête de beaucoup de journalistes le discours tenu sur «les barakis» à qui il faut pouvoir s’adresser est bien plus qu’un recadrage.

Il risque, selon eux, de marquer un véritable changement de philosophie de la part du service public. Un tournant qui voudrait faire prendre à la RTBF une voie qui ne serait plus en phase avec ses véritables missions. Et qui privilégierait l’audience à la qualité, la rentabilité à l’éducation, le nivellement par le bas au nivellement par le haut.

Être grand public, oui trois fois oui disent les journalistes. Tomber dans la facilité et, en caricaturant à peine, ne plus donner au public que du temps de cerveau disponible pour les pubs, c’est non.