CYCLISME

Pourquoi le Tour des Flandres est «ma» grand-messe de Pâques

Pourquoi le Tour des Flandres est «ma» grand-messe de Pâques

Reporters

Quel pied je vais encore prendre en ce dimanche pascal ! C’est qu’en plus de me gaver des œufs en chocolat que je piquerai dans le saladier de tata Yvonne, je vais pouvoir me mater le Tour des Flandres.

Comme un enfant qui décompte les heures avant de découvrir les cadeaux que lui a apportés le Père Noël, j’attends le Tour des Flandres depuis quelques semaines. Plus qu’une course, cette grand-messe du cyclisme me passionne, me trouble et m’émoustille. Et les raisons en sont nombreuses…

1. Son décor

Des pavés par milliers, des champs par centaines, des bergs par dizaines : le Ronde et ses routes de campagne sont un condensé de Belgique profonde où la beauté des chapelles succède à la gadoue des fermes, où la lumière et la grisaille s’entrelacent sans arrêt. Un tracé sinueux qui titille mes racines et souligne ma Belgitude, c’est ça le Tour des Flandres.

2. Son histoire

A défaut d’avoir « la classe » d’un Paris-Roubaix ou d’un Liège-Bastogne-Liège, le Ronde impose sa « force » naturelle depuis des décennies. En sol flamand, personne ne s’impose par hasard et rien n’y est gagné d’avance. Des doigts « gelés » d’Alberic « Briek » Schotte en 1951 aux larmes de Tom Boonen en 2014 en passant par la chute de Jesper Skibby en 1987, ce « chemin de croix » fait et défait les carrières au gré de son humeur.

3. Son spectacle

Chutes, attaques, sauts de cabri, chasse-patate et autres coups fourrés… Plus encore que l’E3 ou Gand-Wevelgem, le Tour des Flandres est une pièce de théâtre dont le final change sans cesse. Pour le plus grand plaisir du public.

4. Sa douleur

Sadique, je le suis, surtout quand il s’agit du Ronde ! Que j’adore quand les pros se donnent à fond dans les bergs pour éviter d’être distancés… ou d’être lâchés. Que j’adore quand les pavés les forcent à faire preuve d’ingéniosité pour bouffer des petits cailloux sur le bas-côté. Que j’adore quand le vent de face les forcent à dépasser encore plus leur limite. Parce qu’au final, de cette douleur, j’en garde surtout le souvenir de vrais forçats de la route, de gars (et de filles) à la détermination exemplaire et à l’envie monstrueuse.

5. Son ambiance

Mais si je « vis » le Tour des Flandres – et que je ne fais pas que le regarder comme une simple course –, c’est surtout grâce à l’ambiance qu’il y règne. Voir Bruges s’animer le matin, entendre s’élever la clameur d’une foule à l’arrivée des coureurs dans le Paterberg, avaler une bière et un pain-saucisse à l’arrivée… Y’a rien à faire, moi, cette ambiance de kermesse pour grands enfants, ça me donne des frissons.

Et ça dure tout une après-midi. Alors d'ici dimanche soir, que personne ne m'appelle.