Le lien de confiance

Pour la plupart d’entre nous, la politique nous est toujours apparue comme un peu rébarbative, avant que, l’âge aidant, on ne s’y intéresse quand même d’un peu plus près.

En se disant que si on n’allait pas à la politique, c’est elle qui viendrait à nous.

Aujourd’hui, à contempler ce qui se passe entre les niveaux de pouvoir, je me dis simplement que je n’irai pas à la politique, mais que je refuserai désormais qu’elle vienne à moi.

Pour de nombreuses raisons, et qui ne me feront pas sombrer pour autant dans une espèce de poujadisme provocateur ou de douce anarchie.

Mais, quand même, c’est quoi ce jeu de dupes? C’est quoi ce vaste Monopoly érigé en morne plaine où les acteurs passent le plus clair de leur temps à s’envoyer des noms d’oiseaux et à régler des comptes qui ne sont même plus d’apothicaires?

Ce qui me frappe pour l’heure, c’est que le gouvernement consacre davantage d’énergie à changer constamment les règles du jeu, à moins que son incompétence à dresser des chiffres n’ait d’égale que sa malhonnêteté intellectuelle.

Ce dont nos hommes politiques ne se rendent pas compte, c’est qu’ils viennent en quelques mois de faire la démonstration de leur suffisance crasse à l’égard des citoyens. Quand Charles Michel lance, sûr de lui, «ce qui compte, c’est que les chiffres soient corrects et ils le sont », vaut-il mieux éclater de rire ou en pleurer?

Parce qu’on ne le croit plus, parce que le lien de confiance est rompu. Entre un employeur et un employé, quand ce lien de confiance a disparu, c’est la rupture du contrat. En ce qui me concerne, pour autant qu’il y ait eu par le passé un semblant de contrat, je viens de le rompre unilatéralement.