Amoureux fou de cinéma, Philippe Reynaert est plongé dans cet univers depuis plus de 30 ans. L’homme aux lunettes blanches est depuis longtemps présent en télé. Il œuvre aussi à l’ombre des caméras, au sein du fonds Wallimage et de Mons 2015.

Né à Watermael-Boitsfort, Philippe Reynaert a passé son enfance à Liège, avant de revenir à Bruxelles.

En fin de compte, d’où venez-vous?

Mes parents sont de Marchienne-au-Pont. Ils vivaient à Anderlecht à ma naissance et je ne sais pas pourquoi je suis né à Watermael-Boitsfort, si ce n’est pour me compliquer la vie quand je devais écrire mon lieu de naissance! Quand j’avais 6 mois, on s’est installé à Liège. À l’école, on parlait le wallon de Liège, à la maison celui de Charleroi et quand j’ai rencontré ma femme, je me suis mis au wallon borain. Je suis un Wallon parfait!

Tout en habitant à Bruxelles…

Je me sens très peu bruxellois, et même de moins en moins. Il y a une vraie perte d’identité à Bruxelles, qui a des côtés attachants, avec son internationalisation. Mais en même temps, son identité est de plus en plus floue pour moi. Mon cœur est aujourd’hui par moments à Liège, à Mons, à Namur aussi.

Comment vous est venue votre passion pour le cinéma?

C’est une aventure très curieuse. J’ai été élevé dans un milieu protestant très strict. Donc, le cinéma, c’était le diable! Les seuls films que j’ai vus enfant, c’étaient «Les Dix Commandements» et «La Mélodie du bonheur». À l’athénée, un copain m’a proposé d’aller au cinéma voir «Huit et demi» de Fellini. J’ai fait une sorte de réaction extrême: je n’ai plus quitté la médiathèque, je voyais six ou sept films par semaine.

Vous vouliez travailler dans le milieu?

Je n’ai pas fait d’études de cinéma car j’avais le complexe de ne pas en connaître assez. J’ai fait les romanes à l’ULB. J’ai été prof pendant trois ans avant d’entrer dans la revue catholique Les Amis du film et de la télévision. Après deux ans, j’en suis devenu le rédacteur en chef. On a fermé ce magazine et relancé un autre: Vision.

Et la télévision?

La RTBF m’a un jour repéré et confié «Le Ciné-club de minuit», une émission de trois minutes par semaine. C’est de cette époque que datent les lunettes blanches, sur un conseil de Sélim Sasson qui m’a dit de trouver un truc pour me faire remarquer!