CRASH D’UN AIRBUS EN FRANCE

Les « boîtes noires », cruciales pour comprendre un crash

Les « boîtes noires », cruciales pour comprendre un crash

Grâce aux boîtes noires, près de 90% des accidents peuvent être expliqués. AFP (ILLUSTRATION)

Les «boîtes noires», qui enregistrent toutes les données d’un vol, y compris les conversations dans le cockpit, révèlent des informations cruciales et des axes d’enquêtes pour déterminer les causes d’un accident aérien.

Les recherches lancées mardi après l’accident de l’Airbus A320 de Germanwings dans les Alpes françaises ont permis de retrouver l’une des deux boîtes noires, celle enregistrant tous les sons et conversations du cockpit. Elle a été endommagée mais «est exploitable», a déclaré mercredi le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Transférée à Paris, elle est aux mains des experts du Bureau d’enquêtes et d’analyse (BEA), qui vont commencer par tenter d’écouter les conversations échangées dans le cockpit.

La seconde boîte noire FDR («Flight Data Recorder»), enregistrant toutes les données du vol, est toujours recherchée.

Grâce aux boîtes noires, près de 90% des accidents peuvent être expliqués.

Ces enregistreurs, introduits dans l’aviation à partir des années 1960, se trouvent à l’intérieur de boîtes métalliques renforcées, conçues pour résister à des chocs extrêmement violents, à des feux intenses et à de longues immersions en eau profonde.

Après 23 mois immergées à 3.900 mètres de profondeur dans l’océan Atlantique, les données contenues dans les boîtes noires du vol Air France AF447 Rio-Paris avaient pu être intégralement recueillies, ce qui avait permis de lever le voile sur le mystère du crash du 1er juin 2009.

D’un poids de sept à dix kilogrammes chacune, elles sont en fait orange avec des bandes blanches réfléchissantes, afin de les rendre plus visibles. Les données sont protégées par une enceinte blindée qui assure leur protection en les préservant des grandes immersions (jusqu’à 6.000 mètres) ou d’expositions à très forte température (1 heure à 1.100°C).

Le support de données des tout premiers enregistreurs de vol était du papier photographique protégé dans une enceinte noire, d’où l’expression «boîte noire».

Un avion commercial possède réglementairement deux boîtes noires, appelées FDR (Flight Data Recorder) et CVR (Cockpit Voice Recorder).

Le FDR enregistre seconde par seconde tous les paramètres sur une durée de 25 heures de vol (vitesse, altitude, trajectoire…).

Le CVR, l’enregistreur de vol «phonique», conserve les conversations, mais aussi tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage. Une analyse acoustique poussée permet même de connaître le régime des moteurs.

Elles sont équipées d’une balise qui se déclenche en cas d’immersion et émet un signal à ultrason toutes les secondes pendant une durée d’au moins 30 jours consécutifs avec une portée de détection moyenne de 2 km.

De nouvelles boîtes noires, éjectables et flottantes, vont prochainement équiper les Airbus A350 et A380, ce qui permettra de localiser plus facilement les avions abîmés en mer.