FRANCE

Crash A320: des débris minuscules dans une gorge escarpée des Alpes (Photos et Video)

De l’Airbus de la compagnie allemande Germanwings, qui s’est écrasé ce mardi dans une gorge escarpée des Alpes du sud françaises, ne restent que des débris minuscules, éparpillés sur les parois de roche grise.

Seule trace de vie sur le site filmé depuis des hélicoptères: les premiers sauveteurs hélitreuillés parmi les débris. Plus de 500 pompiers et gendarmes de toute la région avaient été rapidement mobilisés. Mais l’espoir de retrouver des survivants parmi les 150 passagers et membres d’équipage a vite été abandonné et les enquêteurs ont pris le relais des sauveteurs.

L’avion, parti ce matin de Barcelone pour Dusseldorf, s’est écrasé dans la vallée de la Blanche, à quelques kilomètres de Seyne-les-Alpes (sud-est) où a été installé le PC opérationnel doté d’une dizaine d’hélicoptères de l’armée et de la gendarmerie.

Les habitants de Seyne interrogés par l’AFP n’ont rien vu ni rien entendu de la catastrophe, survenue à quelques kilomètres, sur un versant de la montagne invisible depuis le village.

«C’est un drame épouvantable, dans une zone de très haute montagne. Les débris de l’avion sont répartis sur deux hectares. Il va y avoir un boulot phénoménal d’identification des corps», a déclaré Christophe Castaner, député et maire de la commune de Forcalquier, après avoir survolé les lieux en hélicoptère.

«J’ai vu des bouts d’avion, la fumée. Les bouts d’avion, ils ne sont pas bien gros, on voit que ça a tout explosé, tout parti en petits morceaux.. pulvérisé complètement… il a tapé comme s’il tapait dans un mur […] il a explosé complètement, il n’y a vraiment plus rien», a raconté sur RTL Jean-Christophe, un éleveur qui a guidé les secours sur place.

La zone est extrêmement difficile d’accès, ce qui complique la tâche des secours comme des enquêteurs. «C’est une zone pas du tout enneigée. Le seul accès possible, en urgence, était par hélicoptère, et les personnels ont dû être hélitreuillés car les hélicoptères ne pouvaient pas se poser», a expliqué Gilbert Sauvan, président socialiste du conseil départemental. «Il y a une autre équipe de gendarmes de haute montagne qui est partie à pied, soit trois heures de marche pour des gens très entraînés, car c’est très pentu et il faut des crampons», a-t-il ajouté.

«Jour noir»

Arrivé en début d’après-midi, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a évoqué un «drame horrible» ayant suscité «des moyens exceptionnels de secours et d’enquête» après avoir également survolé le site de l’accident avec l’ambassadrice d’Allemagne en France, Susanne Wasum-Rainer. «C’est un jour noir pour l’Allemagne, l’Espagne et la France», a confié cette dernière avant de «remercier les forces de secours».

Alors que les causes de l’accident restent inconnues, une boîte noire a été retrouvée. Elle a été repérée «en survol, parce qu’elle ‘bippait’», a expliqué le lieutenant-colonel de gendarmerie Jean-Marc Ménichini. L’enregistrement sera exploitée dans les prochaines heures par le Bureau d’enquête accidents de l’aviation civile, a précisé le ministre de l’Intérieur.

A la tombée de la nuit, le vrombissement des hélicoptères s’est tu. Ils reprendront leurs vols au lever du jour mercredi. «On a laissé sur place cinq gendarmes qui ont été hélitreuillés», a ajouté le lieutenant-colonel Ménichini.

A l’Office de Tourisme de Seyne-les-Alpes, c’était l’effervescence: «des dizaines de journalistes appellent pour réserver des chambres, de Belgique, d’Allemagne et d’Espagne. C’est pire que la haute-saison», a dit une employée.

Les hôtels de Seyne et des communes avoisinantes ont tous été réquisitionnés pour les secours et l’accueil des familles, a-t-elle ajouté.

Pour Serge Degandt, élu local à Montclar, une commune voisine, «vu les conditions sur place, ils en ont pour plusieurs jours à descendre les corps, à moins que la météo s’arrange», ce qui n’était pas prévu dans l’immédiat. «A l’heure où l’avion est passé, il faisait grand bleu, la visibilité était parfaite. Ca s’est gâté après, vers midi».

Tout l’après-midi, cortèges officiels et voitures de secours ont sillonné les rues du village, surtout en direction du club de vol à voile où étaient basés les hélicoptères et le PC opérationnel.

Une chapelle ardente a été dressée à la Maison des Jeunes.