En attendant le RER, un réseau suburbain

En attendant  le RER, un réseau suburbain

Il a fallu une locomotive pour dégager le véhicule volé. ÉdA – Florent Marot

La mise en service du tunnel Schuman-Josaphat verra la SNCB lancer un réseau suburbain autour de Bruxelles. Un premier pas vers le RER.

Dans sa communication, la SNCB marche sur des œufs: l’offre ferroviaire suburbaine que l’opérateur annonce pour la fin 2015 autour de Bruxelles «fait partie du Réseau Express Régional (RER)». Un RER qui postule une collaboration entre la SNCB, la Société des Transports Intercommunaux Bruxellois (STIB), le TEC wallon et son pendant flamand De Lijn: «il faudra une intégration au niveau des billets et de l’information, et cela demandera des efforts des différentes sociétés concernées», rappelle la ministre fédérale MR de la Mobilité, Jacqueline Galant. Un thème dont il est question depuis longtemps déjà…

La SNCB, elle, ne veut plus perdre de temps. «Chacun a son idée de ce qu’est un RER: pour les uns, c’est un super-tram. Pour d’autres, ce sont de nouvelles lignes à construire par Infrabel. Certains se réfèrent aux S-Bahn, en place dans certaines villes allemandes et suisses. Nous, nous ne vendons pas du rêve, mais nous venons avec du concret», explique son administrateur délégué, Jo Cornu. Dès la fin d’année, la SNCB va donc développer un réseau suburbain dans un rayon de 30 kilomètres autour de la capitale. Sans augmenter son offre pour l’instant (cf. ci-dessous), mais en profitant de l’ouverture d’infrastructures nouvelles.

(Cliquez pour agrandir)

La mise en service du tunnel Schuman-Josaphat, le 13 décembre prochain, est surtout l’occasion qui fait le larron: «elle offrira une liaison importante entre la ligne ferroviaire en provenance de Namur et ring Est ferroviaire, entre Hal et Vilvorde», professe la SNCB.

Le tunnel délestera une jonction Nord-Midi déjà largement surchargée d’une partie du trafic, «avec pour conséquences plus de flexibilité et une réduction des temps de parcours, notamment vers l’aéroport de Bruxelles-National».

Les usagers avaient déjà pointé ces modifications (cf. nos éditions de samedi), mais en avaient retenu, par exemple qu’ «une ville touristique comme Dinant sera désormais plus difficilement accessible depuis la Flandre», car la plupart des trajets exigeront deux correspondances.

D’autres relèveront que la desserte ferroviaire de l’aéroport de Bruxelles-National sera ainsi optimisée, alors que le Brussels South Charleroi Airport attend toujours une connexion. Et puis on notera que, sur les 141 gares de la zone RER définie autour de la capitale, 81 sont situées en Flandre, pour 33 en Wallonie et 27 à Bruxelles.

«Il ne s’agit ici que d’une première étape», nuancent les porte-parole de la SNCB. Favorisée par la mise en service de la gare rénovée de Bruxelles-Schuman et de la gare de Tour & Taxis, dans le cœur de Bruxelles, en fin d’année également. Et 103 des 141 gares, dont Schuman, seront multimodales, c’est-à-dire combinées «métro-tram-bus».

L’étape sera matérialisée, dès la fin de cette année, par un tableau détaillé de toutes les liaisons du réseau suburbain: «le genre de document qu’on a l’habitude de consulter quand on arrive dans une grande ville étrangère, et qui manque toujours à Bruxelles», conclut Jo Cornu

Une mise en service « par blocs »

La création du réseau suburbain n’aura guère de conséquences budgétaires pour la SNCB: «l’infrastructure existe; et nous avons le matériel et le personnel.

Ce qui augmentera, ce sont les dépenses en énergie, et les coûts de personnel», détaille Jo Cornu.

Le matériel, ce sont les rames Desiro, prévues pour un réseau de type RER, mais utilisées tous azimuts pour l’instant: elles assureront 95% du trafic sur le réseau suburbain, retrouvant ainsi leur destination initiale.

Mais l’opération générera aussi des bénéfices, ajoute l’administrateur-délégué de la SNCB: «nous n’utilisons que la moitié de la capacité de notre réseau, plus long que celui des chemins de fer néerlandais, alors que nos voisins l’utilisent au maximum.»

Cela, c’est pour 2017, quand l’offre ferroviaire augmentera en heures de pointe et le week-end, pour atteindre les 90% de l’objectif final, contre 62% à l’heure actuelle.

Le lancement d’un réseau suburbain, à la fin de cette année, est en effet le premier pas de la mise en service «par blocs» d’un Réseau Express Régional.

Cela supposera notamment la construction de parkings autour des gares: après Genval (443 places) et Braine-l’Alleud (440) cette année, suivront, l’an prochain, La Hulpe (360), Braine-le-Comte (374) et Enghien (463). Louvain-la-Neuve (2 338 places) et Rixensart (258) sont programmés pour 2017. «Les usagers du train veulent un parking aisé aux abords des gares», note Jo Cornu.

Les lignes nouvelles, pour lesquelles des permis sont demandés suivront… plus tard: la fin de la construction «par blocs» n’est pas annoncée.