L’IVG hollandaise attire les jeunes Belges

Aux Pays-Bas, l’IVG peut se pratiquer jusqu’à 22 semaines. Contre 12 en Belgique… Reporters/BSIP

Pour pratiquer un avortement au-delà de 12 semaines de grossesse, de plus en plus de Belges prennent la direction des Pays-Bas.

Traverser la frontière hollandaise pour y pratiquer une interruption volontaire de grossesse, c’est de plus en plus courant. Pour certaines femmes, ce déplacement est nécessaire quand la grossesse dépasse les 12 semaines qui correspondent à la limite légale en Belgique.

Aux Pays-Bas, la loi autorise de pratiquer une IVG jusqu’à 22 semaines. En Belgique, les centres pratiquant l’avortement en appellent à une extension du délai légal au-delà de 12 semaines. Cela permettrait ainsi d’éviter d’envoyer des jeunes femmes se faire opérer ailleurs. Et dans des conditions plus difficiles. D’autant plus que les coûts de l’opération sont à charge de la patiente: soit environ 400€ (tout dépend des différents tests qui sont réalisés et du stade de la grossesse).

À Liège, le SIPPS est un centre de planning familial qui s’adresse aux jeunes de moins de 25 ans. Les Pays-Bas ne sont pas très loin et Carole Stevens, accueillante au SIPPS, confirme que le centre oriente régulièrement des jeunes femmes vers des hôpitaux de l’autre côté de la frontière.

Cette épreuve physique et psychologique est particulièrement bien accompagnée: que ce soit par le SIPPS ou par le personnel médical hollandais. «Les femmes y sont très bien traitées. Ce sont des équipes qui ont l’habitude de ce type d’intervention. Le retour est plutôt positif.»

Beaucoup plus cher

Les hôpitaux et policliniques hollandais ont pris conscience de cette patientèle étrangère qui souhaitait profiter de la souplesse de leur législation. De l’accueil téléphonique jusqu’à l’intervention, le personnel est souvent formé pour répondre en français. «La plus grosse différence se situe au niveau financier. En Belgique, lorsqu’on est bien assuré, on est bien remboursé. Aux Pays-Bas, cela coûte entre 370 et 470€. Ça peut même aller au-delà.»

Qui sont ces jeunes femmes qui souhaitent renoncer à leur enfant au-delà de trois mois de grossesse? La conseillère ne peut définir un profil type. «Ce sont des gens pour qui la situation familiale a évolué, qui sont confrontés à des violences conjugales. Ou bien une forme de déni suite à l’absence de règles. Quand on n’en veut vraiment pas, on peut se raconter des histoires. La réalité, ça peut aller jusqu’à 8 mois de grossesse…»

Le 3 avril, la loi dépénalisant l’avortement en Belgique soufflera ses 25 bougies. Des représentants des différents centres pratiquant l’IVG remettront une série de propositions à la ministre de la Santé Maggie De Block.