Un pavillon pilote imaginé par des étudiants

Dans le cadre du Concours passif durable lancé par le Centre de Référence Professionnelle bruxellois (CDR), des étudiants des métiers manuels et d’architecture s’unissent pour créer le pavillon du futur.

Après un concours qui a opposé deux projets, l’un d’eux a été choisi pour voir le jour. Ce mercredi 18 mars marque l’inauguration de la phase de construction, en présence de Céline Frémault, la Ministre du Logement en Région de Bruxelles-Capitale (cdH). « Il s’agit de créer un pavillon modulable, transportable et, si possible, passif », explique l’architecte Diego Garcia, qui finit son cursus à La Cambre (ULB), et profite de sa dernière année d’étude, consacrée à son mémoire, pour se donner corps et âme dans la réalisation de ce projet. Le tout se fait dans un hangar prété par Besix, à deux pas du Ceria à Anderlecht.

« C’est très intéressant car nous nous réunissons en Bouwteam avec tous les acteurs du chantier - c’est-à-dire les architectes, les ingénieurs et les corps de métiers  - pour échanger nos points de vue. En tant qu’étudiants, nous découvrons les lacunes qu’ils nous restent, chacun, à combler dans nos domaines de compétences », dit Diego Garcia.

La mise en valeur des métiers manuels

Autour de lui les camarades présents opinent du chef. On sent que l’enthousiasme est communicatif. Il y a notamment des élèves de l’Institut Paul Hankar, section art et métier. « Au début du chantier, j’ai failli y laisser deux doigts, mais je suis tout de même ravi d’appliquer mes compétences sur un tel projet », dit l’un d’eux, qui par ailleurs aurait été désigné en tant que responsable de la sécurité…

Il y a aussi des élèves de l’Institut Saint-Joseph AMConstructions (anciennement les Ateliers Marolliens). Pour leur professeur Alain Sestre, c’est une opportunité de faire valoir son enseignement : « Ce genre de projet peut amener l’attention du public sur nous. Or c’est important de continuer d’encourager les métiers manuels, surtout pour une école à discrimination positive comme la nôtre qui souffre parfois d’un manque de considération. »

Au final, un pavillon modulable, transportable et, si possible passif, aménagé avec des meubles faits à partir de déchets recyclés par R2use, verra le jour et pourra servir à différentes fonctions. « Salle de formation, abris temporaire pour SDF ou demandeurs d’asile, tout est possible », se réjouit Julien Holef, qui chapeaute le projet pour le CDR. « Cela nous demande beaucoup d’efforts pour coordonner tout cela, mais la mise en valeur des études des métiers de la construction fait tout à fait partie de nos objectifs »

Le Concours passif durable en chiffres

  • 8 écoles bruxelloises
  • 47 jeunes la première année dans 2 équipe et 38 la deuxième année
  • 18 professeurs encadrants
  • 19 experts impliqués (archtectes, ingénieurs, entrepreneurs et spécialistes)
  • 8 sponsors partenaires qui s'engagent activement au côté du CDR Construction
  • Plus de 1000 heures de formation en préparation des élèves et professeurs impliqués
  • 13 semaines d'atelier de préfabrication et une semaine de montage sur le site
  • Un pavillon de 50m2 construit pour servir de lieu de formation temporaire pour le CDR Construction