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Affaire Kubla : le « roi de l’acier » arrêté en Belgique, titre la presse italienne

Affaire Kubla : le « roi de l’acier » arrêté en Belgique, titre la presse italienne

Les journaux italiens ont abondamment rapporté hier l’arrestation en Belgique d’Antonio Gozzi et de Massimo Croci, respectivement président et directeur général du groupe Duferco, dans le cadre des suites de l’affaire Kubla. BELGA

Le président de Duferco Antonio Gozzi, considéré comme «le roi de l’acier» en Italie, «ne pensait certainement pas passer la nuit entre les murs de la prison de Saint-Gilles en atterrissant à l’aéroport de Bruxelles», a notamment rapporté La Stampa.

Les journaux italiens ont abondamment rapporté hier l’arrestation en Belgique d’Antonio Gozzi et de Massimo Croci, respectivement président et directeur général du groupe Duferco. Antonio Gozzi «savait que l’enquête de la magistrature belge était délicate», notamment en raison de l’arrestation de Serge Kubla, écrit le Corriere della Sera. «L’interrogatoire a pris une tournure inattendue.»

Antonio Gozzi et Massimo Croci se sont rendus en Belgique lundi pour répondre à la convocation du juge d’instruction Claise. Ils ont été placés sous mandat d’arrêt dans le cadre de l’affaire Kubla pour des supposés faits de corruption en République démocratique du Congo. Ils sont inculpés de corruption comme auteur ou co-auteur.

Le président de Duferco, considéré comme «le roi de l’acier» en Italie, «ne pensait certainement pas passer la nuit entre les murs de la prison de Saint-Gilles en atterrissant à l’aéroport de Bruxelles», rapporte La Stampa. Les quotidiens italiens soulignent qu’il était considéré comme «l’homme de la providence» ou «le sauveur de l’industrie de l’acier» en Belgique. «Mais, malgré des investissements considérables, l’aventure belge de Gozzi a subi plusieurs coups d’arrêt avec la fermeture de nombreuses aciéries à partir de 2012», ajoute le Messaggero.

D’après le quotidien romain, Antonio Gozzi et Serge Kubla entretenaient «des rapports étroits». En 1997, l’Italien avait repris les Forges de Clabecq en faillite avant de se porter au secours, deux ans plus tard, des anciennes usines Boël à La Louvière et de Carsid à Charleroi.

Antonio Gozzi est une «personnalité multiforme», écrit la presse italienne. Entrepreneur et manager, l’homme de 61 ans est professeur d’université, président de la Federacciai (la Fédération des entreprises sidérurgiques italiennes) mais aussi du club de football d’Entella, près de Gênes. La Repubblica rappelle par ailleurs que son dernier projet concerne le port de Venise, où il souhaite aménager un nouveau terminal en mesure d’accueillir les grands bateaux de croisière.

Interrogée par la presse italienne, l’épouse d’Antonio Gozzi, Sabina Croce, se dit «attristée» par les méthodes de la justice belge. «Mon mari est une personne d’une rigueur morale absolue, personne ne pourra dédommager une telle atteinte à son image. Il n’y a absolument rien qui puisse le lier aux faits reprochés.» Son avocat italien, Ettore Chiti, précise lui que son client «ne s’est jamais rendu au Congo et n’a pas parlé avec des fonctionnaires ou politiciens congolais.»

Antonio Gozzi et Massimo Croci devraient comparaître dans le courant de la semaine devant la chambre du conseil.