CYCLISME

Dopage: quand l’ozone intoxique le débat

Dopage: quand l’ozone intoxique le débat

Greg Van Avermaet, engagé sur Tirreno,ne sera pas présentce vendredi à Bruxelles… BELGA

C’est ce vendredi que Van Avermaet devait comparaître à la RLVB pour cette histoire d’ozonothérapie, dont on n’a pas fini de parler.

Il y a ozone et ozone. L’ozone médical n’a rien à voir avec celui de la stratosphère ni avec celui produit à partir de l’air ambiant par différentes industries et par l’automobile. Dans ce dernier cas, il irrite les voies respiratoires en raison de sa concentration et de son mélange avec des produits nitrés.

Ici, les cas qui nous occupent relèvent de la lutte contre le dopage. En cause, Greg Van Avermaet, et les cyclo-crossmen Bart Wellens et Tom Meeusen, accusés d’avoir triché en ayant recours aux soins du docteur Chris Mertens, celui qui a pris l’habitude de pratiquer l’ozonothérapie.

Le tout est de savoir si c’est illégal en regard des règlements sportifs.

L’ozone n’est pas sur la liste des produits interdits, mais c’est le fait qu’une cure d’ozone nécessite une auto-transfusion qui est punissable par le pouvoir sportif.

Alors, que va-t-il se passer ce vendredi 13 pour les coureurs convoqués devant la commission dopage de la fédération cycliste belge?

«Docteur ozone»

Difficile de répondre à la question, d’autant que Van Avermaet ne sera pas présent, engagé qu’il est sur Tirreno-Adriatico, et qui préfère, on le comprend, poursuivre sa préparation avant ses grandes échéances d’avril.

Le parquet de la fédération le suspecte d’avoir reçu des injections interdites du «docteur ozone» Chris Mertens, mais Greg Van Avermaet nie toute forme de dopage. Ses avocats vont plaider l’acquittement, c’est évident, alors que les faits datent de 2011.

Dans le cadre de la même enquête, le footballeur Karel Geraerts comparaîtra lui le 19 mars devant le Tribunal antidopage flamand (VDT).

Reste aussi le cas de Laurens Sweeck, 21 ans, vice-champion du monde espoirs de cyclo-cross et champion de Belgique. Il a comparu en février devant la commission disciplinaire de la Communauté flamande, lui aussi à la suite de cette enquête au sujet des pratiques du docteur Mertens. Le verdict, qui devait être rendu mardi dernier, a été reporté. Une nouvelle séance a été fixée au 12 mai.

Une perquisition effectuée chez «l’ozonothérapeute» de Rotselaer, a en effet permis de retrouver des prescriptions adressée à Sweeck de Vaminolact, un complément alimentaire destiné aux bébés nés prématurément ou nouveaux nés qui ne figure pas sur la liste des produits interdits. Mais Sweeck est quand même poursuivi à l’initiative de la Communauté Flamande qui a requis une suspension de deux ans…

L’ozonothérapie est-elle efficace ?

L’oxygène est indispensable à toutes les grandes fonctions organiques.  Or, l’ozone est un activateur de l’oxygène: il apparaît donc normal et logique de l’utiliser dans tous les cas où il est souhaitable d’améliorer l’oxygénation des tissus.

Mais, comme il n’existe, à l’heure actuelle, aucune étude épidémiologique permettant de conclure à l’efficacité de l’ozonothérapie, les pratiques thérapeutiques ne sont pas agréées. Pour ses tenants, il s’agit d’un moyen thérapeutique de haute efficacité, sans aucune toxicité et ayant un effet préventif. «Aucune dépendance n’est à craindre, disent-ils, et il n’y a pratiquement aucune contre-indication à son administration.» On prête à l’ozone des propriétés de détoxifiant, de stimulant de l’élimination des toxiques, de stimulant des défenses immunitaires, de prévention et traitement adjuvant dans les cancers. Bref, de quoi tenter quelques sportifs, avides de récupérer plus rapidement, puisque l’ozonothérapie est indiquée pour toutes les formes de fatigues, notamment celles résultant d’un effort physique, intellectuel ou d’un stress.