« Redynamiser le centre-ville de Namur qui est en train de s’endormir »

« Redynamiser le centre-ville de Namur qui est en train de s’endormir »

- EdA - Florent Marot

«Namur est en train de s’endormir et le réveil risque d’être brutal. L’endormissement de la Corbeille (le centre-ville, ndlr) pourrait être préjudiciable à l’ensemble de la Ville», ressort-il mardi de l’analyse de l’expert Franck Gintrand, au lendemain de l’inauguration du Pavillon de l’aménagement urbain à Namur.

Cet espace d’information situé à la Maison des citoyens vise à informer les Namurois sur les grands projets urbains en cours à Namur. Son objectif est de rendre accessibles ces matières complexes par l’organisation d’événements ludiques et pédagogiques (expositions, conférences, activités scolaires, etc).

Forts d’une expérience de quinze ans au service des collectivités et de leurs élus, deux Français, Franck Gintrand et Olivier Berlioux, ont fondé l’Observatoire des centres-villes et sont venus faire part de leur expertise après avoir visité Namur.

Un peu plus d’un mois après une consultation populaire lors de laquelle les Namurois ont répondu trois fois «Non» à un centre commercial d’environ 23.000 mètres carrés au square Léopold, les deux hommes donnaient lundi soir une conférence à Namur sur l’intérêt de redynamiser les centres-villes de communes comme Namur.

Pour eux, Namur «n’a pas de problèmes visibles actuellement mais elle risque d’en avoir dans le futur». «Si vous ne limitez pas le développement de la Ville à l’horizontale, vous tuez le centre-ville», explique Olivier Berlioux. En d’autres termes, ils estiment indispensable de protéger le centre-ville et ses commerces et de freiner l’étalement urbain. C’était d’ailleurs l’argument majeur défendu par la majorité pour que les Namurois votent en faveur d’un centre commercial le 8 février dernier: éviter un centre commercial en périphérie qui anéantirait le centre-ville et avoir à la place un centre commercial au Nord du centre-ville qui soit complémentaire et en connexion directe avec le tissu commercial existant.

L’échevin namurois de l’Aménagement du territoire, Arnaud Gavroy, craint que les Namurois ne se rendent même plus compte que le Nord de la Corbeille se porte mal. «S’il n’y a pas de diagnostic commun, c’est impossible de construire un projet commun», estime-t-il. C’est pourquoi il souhaite que les Namurois prennent conscience de la nécessité de s’ouvrir à la modernité pour le bien-être de Namur.

Franck Gintrand et Olivier Berlioux évoquent la densité et la mixité. «C’est la densité du noyau qui fait que l’on a une attractivité. Il ne faut pas que ça s’éparpille, que ça s’étiole...», explique Olivier Berlioux. Franck Gintrand prend l’exemple de Jambes ou de Bomel: «Garder de la mixité n’est pas dans la nature de notre époque. Et pourtant, Jambes est la vitrine du Namur de demain avec son dynamisme, son inventivité, sa mixité... Il manque quelque chose de nouveau au centre-ville de Namur, un grain de folie! Les Abattoirs de Bomel (réhabilités en centre culturel), c’est le grain de folie de Bomel! Il faut mettre de l’adrénaline dans la Corbeille car elle parait immobile par rapport à Jambes et à Bomel», commente-t-il.

Pour Arnaud Gavroy, il faut donc être favorable au changement et «accepter que tout ne se fasse pas en cinq minutes». Et si l’on réveille le Nord de Namur, on peut aussi le faire au Sud, au Grognon, et ainsi affirmer ces deux polarités Nord-Sud pour un renouveau de la capitale wallonne.