L'administration invite les taxis bruxellois à travailler pour Uber

Lors de la manifestation ce mardi, les taximen ont dénoncé la concurrence du service Uber. Pourtant, ils pourraient eux aussi en profiter, explique Bruxelles Mobilité dans la newsletter Taxi News. Le comble du cynisme?

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Dans la newsletter Taxi News, éditée en ce mois de mars pour le compte de Bruxelles Mobilité, on peut lire une invitation surprenante adressée au taximan. Celle-ci constitue le point 11 de l'explication du Plan Taxi du ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet: "En dehors de vos heures de service vous êtes libre de conduire pour Uber."

Cette petite phrase, c'est la goutte qui fait déborder le vase pour Sam Bouchat, membre du Front Commun des taxis bruxellois et du conseil consultatif de la Fédération Nationale des Entrepreneurs et des Indépendants Taxi (FNEIT) : "Inviter les taximen à travailler pour Uber après leur 10 heures de service ? C'est complétement aberrant ! S'ils travaillent déjà de 6 heures à 16 h pour leur compagnie et ensuite de 18 h à minuit pour Uber, dans quel état seront-ils le lendemain ? Et puis quoi ? Ils vont travailler pour Uber avec leur voiture de fonction et l'essence de la compagnie ?"

Sam Bouchat est vraiment exaspéré par le Plan Taxi du ministre bruxellois de la Mobilité. Pour lui, même s'il y a deux ou trois chose qui ne sont pas mauvaise, l'ensemble fait preuve d'amateurisme : "Comment peut-on parler de concurrence loyale quand il y a des règles différentes en fonction des opérateurs. Je parle notamment d'Uber qui va faciliter l'offre de transport par des particuliers en échange d'une rémunération très basse. On ne peut pas rivaliser avec cela car, nous, on doit payer nos charges sociales, nos assurances et j'en passe !"

Si la communication du ministre Pascal Smet avec les taximen ne semble pas aisée, selon Sam Bouchat, elle est même quasi inexistante : "Je fais partie du comité consultatif de la FNEIT, et pas une seule fois, je n'ai rencontré le ministre. Alors, oui, il a peut-être discuté avec quelques taximen, mais pourquoi ne pas avoir demandé à voir notre comité consultatif ? Nous sommes là pour cela après tout."