OTTIGNIES-LLN

Et voici les grandes options pour la gare d’Ottignies et ses abords

Et voici les grandes options pour la gare d’Ottignies et ses abords

L’étude présentée hier suggère notamment la création d’un tunnel piéton sous les voies, à l’emplacement de l’actuel passage à niveau, appelé à disparaître

Les élus communaux présentaient hier les résultats du masterplan de la gare d’Ottignies, étude réalisée par Eurogare,le CREAT et le REIM.

La «nouvelle» gare d’Ottignies, construite en 1999 et remplaçant celle de 1884, ne répond pas au besoin des navetteurs, qui sont quelque 22 000 chaque jour: les personnes à mobilité réduite doivent traverser les voies, les voiries aux alentours sont encombrées, les parkings sont saturés… Une réflexion s’imposait donc pour envisager de futurs aménagements. Résultat de cette réflexion: la gare devrait être complètement reconstruite.

À l’initiative de la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, une étude a été entamée dès 2012 par Eurogare, bureau d’études spécialisé dans la conception et la réalisation de projets ferroviaires et dans l’aménagement des quartiers de gare, ainsi que par le CREAT (Centre d’études et de recherches pour l’action territoriale, UCL), spécialiste en mobilité, et par le REIM (Real Estate International Management) pour la gestion immobilière.

Cette étude est aujourd’hui terminée. Les résultats de celle-ci ont été présentés à la presse par les quatre représentants des composantes du conseil communal, majorité et opposition réunies.

La réflexion a porté sur un périmètre allant de la Porte de Limelette jusqu’à l’avenue des Combattants en passant par le parking des Droits de l’Homme. L’objectif est de transformer le quartier de la gare en un lieu de vie avec des commerces, des logements, des services, des bureaux, tout en garantissant une accessibilité aisée à toute la zone.

La SNCB a consacré 60 millions d’euros dans son plan d’investissement 2016-2022 pour les abords de la gare d’Ottignies.

Trois accès seront réalisés vers la nouvelle gare. Un «kiss and ride» sera réalisé depuis le parking des Villas. Les voies situées au-delà de la gare, vers Bruxelles, doivent être décalées vers la gauche dans le cadre du permis RER. Cela permettra de créer une voirie à sens unique, du site Benelmat vers la nouvelle gare, où un «kiss and ride» sera créé. Cette voirie rejoindra l’avenue Albert Ier .

L’esplanade de la gare sera agrandie et abaissée de six mètres. Elle sera ainsi à peu près au même niveau que le rond-point de la Libération des Camps. La voirie sera bordée d’habitations et commerces. Les constructions du site café Duchêne seront détruites. Un passage piéton sera créé sous les voies actuelles, à l’endroit du passage à niveau (qui sera supprimé). Un «kiss and ride» sera aussi aménagé au parking des Droits de l’Homme qui sera reconfiguré (voir ci-dessous). Exit donc le projet initial de parking de 900 places à l’avenue des Villas, qui impliquait la construction d’un immense pont enjambant les voies pour rejoindre ce parking. Ce pont aurait été trop coûteux.

Commerces, bureaux, logements et parkings

La gare d’Ottignies et ses abords présentent un bel avantage: les possibilités y sont nombreuses pour installer du logement, du commerce et des services.

«La gare d’Ottignies est l’une des principales gares de Wallonie, tout y est à refaire, et le potentiel foncier est fantastique…» lance l’échevin Cédric du Monceau.

L’étude présentée vendredi suggère notamment, outre ce qui est déjà évoqué dans notre article figurant en haut de page: de reculer la gare d’une trentaine de mètres; de créer des logements et des commerces entre le rond-point de la Libération des Camps et la nouvelle esplanade de la gare; d’agrandir le parking des Droits de l’Homme (de 430 à 1 300 places dont 1 000 places pour la SNCB), de créer sur le site de ce parking 10 000 m2 de commerces et services, 16 500 m2 de logements et 14 000 m2 de bureaux; et d’agrandir aussi le parking des Villas (600 places, dont 500 pour la SNCB) et de créer sur ce site-là 600 m2 de commerces et de services, 13 000 m2 de logements et 6 000 m2 de commerces.

Par contre, les 400 places gratuites sur l’avenue Delvaux sont appelées à disparaître, car «cette entrée de ville doit changer d’allure», indique le bourgmestre Jean-Luc Roland.

Des commerces et services seront également intégrés dans la gare qui accueillera 4 600 m2 de bureaux et services.

Enfin, un écoquartier pourrait être construit sur le site Benelmat.

« Que la gare devienne une priorité »

Lors du conseil communal de mardi dernier, les élus ottintois ont voté, à l’unanimité, une motion proposée par Julien Tigel Pourtois (OLLN 2.0) pour un meilleur aménagement urbanistique de la gare et de ses alentours. La Ville rappelle au passage que c’est l’une des stations les plus importantes de Wallonie avec près de 22 000 passagers par jour.

«Il y a le potentiel pour créer un nouveau quartier autour de la gare qu’il faut aussi réaménagé, mais pour cela, il faut avancer», a souligné l’échevin de l’Urbanisme, Cédric du Monceau (Avenir).

La Ville interpelle donc le Premier ministre, Charles Michel et sa ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, pour que «la gare d’Ottignies devienne une priorité» et que les moyens soient dégagés pour réaliser les aménagements désirés. La motion a également été adressée au gouvernement wallon ainsi qu’à la SNCB Holding.

Par cette motion, la Ville entend que tout soit mis en œuvre pour «recevoir confortablement les navetteurs», pour la «bonne réalisation du RER» et pour le «développement optimal de la gare et de ses alentours».

Alentours qui se composent de quelque 15 hectares où le projet est de développer de l’habitat, du commerce et des bureaux.