DÉMOCRATIE LOCALE

Un tiers de femmes, deux tiers de clichés

Un tiers de femmes, deux tiers de clichés

La députée Hélène Ryckmans rappelle que les femmes elles-mêmes sont demandeuses de quotas. EdA

Les députés Écolo en sont quand même restés un peu ahuris. Le débat initié par eux en commission du Parlement wallon sur une présence accrue des femmes dans les collèges communaux s’est nourri, sans surprise, des habituels clichés qui traînent depuis 20 ans. Au moins.

«Réservés aux hommes…»

Cette proposition de décret (nos éditions de samedi), les députés Écolo l’avaient déjà présentée sous la précédente législature. Elle revient aujourd’hui, dans les mêmes termes: la législation prévoit déjà la présence d’au moins une personne de chaque sexe dans chaque collège communal; il faudrait passer à au moins un tiers de femmes pour les prochaines élections communales, en 2018.

Les autres groupes politiques ont tous avancé l’argument de la représentation démocratique: la volonté des électeurs doit être respectée. « Or, s’il n’y a pas d’élues en suffisance, il faut aller chercher des échevines hors du conseil», témoigne Dimitri Fourny, député cdH, qui a vécu la situation dans sa commune (Neufchâteau). «C’est le plus mauvais service à rendre à un genre. La meilleure chose pour la démocratie, c’est que le choix de l’électeur soit respecté», dit-il encore.

«On a déjà pas mal légiféré en ce qui concerne la représentation des femmes en politique», ajoute Christophe Collignon (PS). «Il serait plus sage de mesurer l’effet de ces mesures et, le cas échéant d’amener des correctifs. C’est prématuré de passer à des mesures plus coercitives », précise le chef de groupe socialiste, avant de faire remarquer que la plupart des réunions se passent en soirée et que ça ne facilite pas la participation des femmes.

En effet, «il y a la question du partage vie privée/vie professionnelle. Il ne faut pas en arriver à ce que des femmes s’engagent sur des listes locales sans avoir l’intention de s’inscrire dans une fonction exécutive », note Virginie Defrang-Firket (MR).

Au sein du PS, Deborah Geradon a tout de même sa propre vision des choses: «Les femmes ne sont pas intéressées par la politique parce qu’on ne les y intéresse pas. Les postes à responsabilités sont réservés aux hommes. Le problème existe parce que leur présence à ces postes n’intéresse pas certains messieurs! » Et vlan.

Le revirement du MR

Chez Écolo, la députée Hélène Ryckmans rappelle que les femmes elles-mêmes sont demandeuses de quotas. « Et on a 5 ans pour le faire». Son collègue Stéphane Hazée laisse entendre pour sa part qu’une socialiste comme Isabelle Simonis lui manque dans ce débat… Mais il est prêt à amender le texte: faire une exception au quota s’il implique d’aller chercher des échevines hors conseil.

Compte tenu de cet amendement, Jean-Luc Crucke (MR) se dit soudain prêt à soutenir Écolo dans son texte. «Mais ça ne doit pas vous empêcher de ne pas changer de position M.Collignon!» lance Jean-Luc Crucke au chef de groupe PS. Le point reviendra. Un jour.

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