La rumeur règne sur l’internet

De nombreux médias, même «sérieux», contribuent à la désinformation sur internet pour générer du trafic. Scanrail – Fotolia

Il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur internet. De nombreux organes de presse en ligne contribuent à répandre des rumeurs.

«Plutôt que de jouer le rôle de source d’une information exacte, de nombreux médias en ligne contribuent à la désinformation pour générer plus de passages et d’intérêt», indique une étude américaine baptisée «Lies, Damn Lies and Viral Content» (Mensonges, satanés mensonges et contenu viral).

Les organes de presse ont toujours dû s’attaquer à des informations non vérifiées mais certains sites accélèrent la diffusion d’informations fausses, ajoute cette étude dirigée par Craig Silverman au Tow Center for Digital Journalism de l’université Columbia.

Les informations fausses sont souvent plus accrocheuses et plus intéressantes que les vraies, et se répandent donc encore plus, explique M. Silverman. «De nombreux sites ne vérifient pas ou très peu les informations qu’ils répandent. À la place, ils relient leur article à un autre média qui lui-même cite d’autres médias.»

Selon M. Silverman, même si la plupart des informations fausses sont répandues par les «nouveaux médias» ou les tabloïds, les médias traditionnels et de qualité laissent la rumeur se répandre. «Quand une information fausse se propage sur les sites internet, il faut que la presse s’y intéresse, la signale à ses lecteurs et fasse la part de ce que nous savons et ce que nous ne savons pas .»

Ensuite, on ne dépend pas

Problème: les démentis suivent rarement: «Une information selon laquelle des combattants de l’EI avaient été interpellés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis a été réfutée en 24 heures et pourtant, seulement 20% des organes de presse qui l’avaient donnée, l’ont démentie», illustre M. Silverman.

Les résultats de son étude montrent une «tendance très inquiétante», estime Bill Adair, professeur de journalisme à la Duke University qui a lancé en 2007 le site de fact-checking PolitiFact. «C’est particulièrement inquiétant de voir que des journalistes répercutent des informations sans savoir si elles sont vraies ou fausses.»

Twitter et les réseaux sociaux vont vite et «beaucoup de gens, dont des journalistes, estiment que si c’est tweeté, c’est publié, et donc c’est de bonne guerre. Mais les organes de presse ont toujours eu l’obligation de vérifier ce qu’ils publient», explique M. Adair.

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