NAMUR

Prévot :«À Namur, on n’aime pas trop le changement»

Prévot :«À Namur, on n’aime pas trop le changement»

Florent MAROT

Le bourgmestre de Namur reconnaît une «courte victoire» du non dans la consultation populaire sur le futur centre commercial du Parc Léopold. Car, oui, centre commercial il y a aura...

Quelques heures après ce qu’il convient d’appeler un revers pour lui, le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot, était l’invité de Matin Première pour commenter la victoire du «non» dans la consultation populaire concernant l’avenir du Parc Léopold.

«Je reconnais une courte victoire du non» concède-t-il. «Mais ce n’est pas le ras de marée annoncé voire souhaité par certains» tempère-t-il.

Et Prévot d’annoncer qu’il tiendra bel et bien compte du résultat du vote...en dépit du fait que la consultation n’a fait se déplacer «que» 20% de la population namuroise.

«On pourrait discuter sur la représentativité du vote puisque 2 fois moins de personnes qu’en 1996 se sont déplacées (une consultation populaire avait eu lieu à Namur concernant l’avenir de la place du Grognon, ndlr). Mais soyons fair-play. Il faut reconnaître que 22000 Namurois qui se déplacent, c’est représentatif. Et il faut en tenir compte. Je ne ferai pas comme Anne-Marie Lizin à Huy qui estimait que tous ceux qui ne s’était pas déplacés lors de la consultation populaire hutoise étaient d’accord avec elle...»

Prévot veut donc tendre la main aux opposants au centre commercial. «Nous voulons discuter avec le PS, le collectif, l’association des commerçants pour voir maintenant comment nous pouvons cheminer vers un projet plus modeste. Car même les opposants ne critiquent pas le principe d’un centre commercial. Mais on va voir comment on va pouvoir revoir la copie».

De 23 000 mètres carré, le projet à venir pourrait donc passer à 15 000 et épargner une partie de l’espace vert, ce qui était l’une revendication principale des opposants au projet que Prévot veut plus raisonnable.

Revitaliser le centre ville

Cela dit, on le sent bien, Prévot n’a strictement aucune intention d’abandonner définitivement son projet de centre commercial en centre ville namurois.

«Ça fait des années qu’on se bat contre le développement d’un centre commercial en périphérie qui créerait une désertification en centre ville comme c’est le cas à Mons depuis que le centre des Grands Prés existe, comme à Charleroi depuis Ville 2. Il faut offrir au cœur de la ville un centre commercial qui permet aussi aux personnes qui s’y rendent de profiter aussi de la convivialité du piétonnier namurois».

Le bourgmestre de Namur estime aussi que les Namurois restent relativement conservateurs.

«Sans doute y a-t-il dans l’ADN des Namurois des relents conservateurs. On n’aime pas trop le changement. cela dit j’estime que nous devons malgré tout faire preuve d’audace, sans pour autant déstructurer notre ville. Mais on doit s’ancrer dans le 21e siècle. Nous devons être ambitieux pour Namur.»

Les représentants politiques doivent garder la main

La consultation populaire namuroise est aussi un test pour ce rare exercice démocratique. La Wallonie s’apprête en effet à voter la possibilité d’organiser des consultations populaires au niveau régional. Question à Prévot, qui est aussi vice-président du gouvernement wallon: la petite gifle namuroise est-elle de nature à refroidir les ardeurs wallonnes en la matière?

«Non», assure-t-il. «Il faut pouvoir permettre aux citoyens de s’exprimer. Mais je suis attaché également à la représentativité des élus. Il est important de ne pas faire appel à la démocratie de la rue tout le temps sous peine de paralyser tout.»

Raison pour laquelle, sans doute, dans le projet wallon, ce sera le parlement qui décidera, en cas de demande d’une consultation populaire, si, oui ou non, il faut l’organiser...