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Steven Martens dévoile le bilan 2014 de l’Union Belge, déjà contesté en interne

Steven Martens dévoile le bilan 2014 de l’Union Belge, déjà contesté en interne

Steven Martens se félicite de la bonne gouvernance du football belge. Mais des dents grincent. Belga

Les 32 pages du bilan de l’Union Belge de football (URBSFA) concernant la saison sportive écoulée 2013/2014 ont été publiées ce mercredi matin sur le site internet de la fédération.

Dans le document, les principaux responsables de l’URBSFA, son président François De Keersmaecker ainsi que son CEO Steven Martens, se félicitent de la bonne gouvernance du football belge. Ils annoncent un chiffre d’affaires après consolidation de plus de 60 millions d’euros, soit le chiffre le plus important jamais réalisé par l’URBSFA, et avancent un bénéfice de plus d’un demi-million d’euros au lieu d’un déficit budgétisé de 490.755 euros.

Un résultat à peine rendu public, qu’il est déjà contesté en interne, selon plusieurs articles parus mercredi dans la presse. Le journal Het Laatste Nieuws révèle ainsi qu’un audit interne au sein de la fédération aurait en réalité fait apparaître une perte de 206.000 euros. Un calcul qui n’a pu être officialisé parce que le rapport n’a été signé que par un auditeur, au lieu des trois définis par le règlement, selon le journal flamand.

Pour expliquer cette perte, étonnante pour une fédération qui a vu son équipe nationale se qualifier pour la Coupe du monde et y atteindre les quarts de finale, certains organes de presse épinglent plusieurs dépenses exagérées ou non budgétisées lors du Mondial brésilien. Het Laatste Nieuws cite entre autres en exemple la facture contestée de 300.000 euros relative à une réservation d’hôtel non honorée pour les épouses des Diables Rouges, les bonus et augmentations de salaires alloués à certains cadres sans que ces avantages soient budgétisés, le dépassement de budget (5x plus que prévu) accepté sans discussion de la société de production Bonka Circus de Vincent Kompany ou encore l’acceptation des factures d’une agence de publicité (Boondoggle) pour un montant de 600.000 euros sans que le service financier de l’URBSFA ne dispose d’un contrat en bonne et due forme.

«Petit jeu politique»

Dans une réaction à la radio flamande, Steven Martens a réagi à ces accusations. «Ce n’est pas correct. On assiste à un petit jeu politique», a-t-il déclaré à Radio 1. «On parle ici de jeu de pouvoir et de jalousie. Il est vraiment regrettable qu’une note interne, qui ne concerne que la rubrique des frais, sorte ainsi vers le grand public. Les rentrées sont par contre complètement oubliées.»

Le journaliste flamand Peter Vandenbempt est peut-être le plus proche de la vérité comptable. Dans le journal de la VRT de mercredi midi, celui-ci se dit en accord avec la perte révélée par HLN, mais précise qu’elle ne concerne que la branche principale de l’URBSFA. «Et en tant que CEO de l’ensemble du foot belge, Martens a le droit d’inclure dans son bilan certains subsides en provenance des deux ailes communautaires, la VFV (fédération flamande) et l’ACFF (association francophone), qui ont pour effet d’effacer cette perte via un petit jeu comptable», explique Vandenbempt.

Si un nouvel audit interne a été demandé par la Pro League - puisque le premier n’était pas règlementaire - il semble aussi désormais avéré que quelques administrateurs de l’Union Belge, et par là même quelques clubs, sont bien décidés à mener le combat contre la gestion actuelle de la première fédération sportive du pays et à mettre à nouveau sur la sellette leurs président et CEO.

+ Le bilan mis en ligne par l’Union belge:

Bilan financier 2014 de l'Union Belge