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Chômage: pourquoi tant de femmes exclues ?

Chômage: pourquoi tant de femmes exclues ?

EDA

Les femmes ne sont pas des chômeurs commeles hommes. La précarité, les petits contrats les frappent beaucoup plus. Conséquence: elles sont en 1re ligne de l’exclusion.

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« On a des caissières qui ont travaillé dix ans à mi-temps. Et au bout, elles se sont retrouvées non pas au chômage mais avec une allocation d’insertion », explique David Lannoye, expert au service d’études de la FGTB.

Chez les 18-25 ans, il y a autant d’hommes que de femmes qui touchent une allocation d’insertion. Chez les moins de 25 ans, les femmes deviennent majoritaires.

«Elles n’ont pas assez de jours de travail pour sortir de ce type d’allocations », souligne Soizic Dubot, coordinatrice nationale Emploi à Vie Féminine. Pour accéder au chômage temps plein, il faut avoir travaillé temps plein durant toute une année. «En France, avoir travaillé un trimestre suffit. En Belgique accéder au chômage est bien plus difficile », dénonce David Lannoye.

Les temps partiels ou l’accumulation de contrats à durée déterminée, qui sont le lot de nombreuses femmes, ne permettent pas d’accéder au chômage temps plein. «Or les femmes sont surreprésentées dans les contrats de très courte durée », pointe Soizic Dubot.

Elles le sont pour deux raisons. D’abord parce que le marché de l’emploi leur propose très souvent cela. Ensuite, les femmes assument très souvent les enfants. «À l’arrivée des enfants, les femmes réduisent leur temps de travail tandis que les hommes surinvestissent leur travail. Le calcul dans un couple est de réduire le plus petit salaire, qui est celui de la femme en général », explique Soizic Dubot.

«Elles sont bloquéesdans leur situation de vie »

Dans les exclus actuels du chômage qui sont chefs de ménage, on trouve 80% de femmes. C’est énorme. «Quand on est au chômage, on bénéficie d’aide, d’activation. Mais les exclues du chômage vont se retrouver sans aucune aide », avertit Soizic Dubot.

«Ce sont des personnes qui sont bloquées dans leur situation de vie. Elles élèvent seules leurs enfants et cela rend très difficile pour elles de trouver un travail », explique David Lanoye. Pour une mère de famille, trouver du travail sans structure d’accueil des enfants, c’est impossible. Au-delà, les structures ne permettent de toute façon l’accueil que d’environ un enfant sur trois en Wallonie. Ces mères de famille sont dans une situation extrême. Elles sont à la fois le seul revenu du ménage et en même temps elles s’occupent seule de leurs enfants. En plus, elles sont mal vues sur le marché du travail.

La discrimination à l’embauche touche toujours de nombreuses femmes. À profil égal, entre engager un homme ou une femme en âge de faire des enfants, la balance penche souvent pour l’homme. Par ailleurs, les femmes seules avec des enfants ont un profil qui a priori séduit peu les employeurs potentiels. Le chômage n’est simple pour personne. Mais pour quantité de femmes c’est pire encore.

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