De l’allocation d’insertion au RIS

De l’allocation d’insertion au RIS

Les CPAS ont vu débarquer une part des exclus du chômage. Mais chaque mois, ce sera rebelote… EdA - Florent Marot

Trois ans à toucher des allocations d’insertion. C’est désormais la limite. Près de 20 000 chômeurs s’en trouvent privés fin janvier. Explications.

Ils ont touché leur dernière allocation en décembre. Puis le couperet est tombé. Les derniers jours de janvier pointent à l’horizon et la fin du mois sera difficile pour nombre d’entre eux. Bénéficiaires, jusqu’ici, de ce qu’on appelle l’allocation d’insertion, qu’ils touchaient sur base de leurs études, sans avoir travaillé, ou pas assez longtemps pour jouir des allocations de chômage complet, sur base de contrats rémunérés.

On parlait d’allocations «d’attente», jadis. Cette attente s’est prolongée, pour beaucoup. Trop longtemps? Exclus. Victimes de la précarité du marché du travail, de l’intérim, de temps partiel, de contrats d’insertion sans lendemain. Ou de n’avoir jamais, vraiment, cherché à «gagner leur vie» par le travail. Pour différentes raisons.

Rétroactes. Au 1er janvier 2012, sur décision du gouvernement Di Rupo, les allocations d’insertion ont été limitées dans le temps: 3 ans maxi, et puis basta. À partir de 30 ans pour les isolés et les chefs de famille. Mais sans condition d’âge pour les cohabitants.

13 500 Wallons concernés

Au total, 19 958 Belges se retrouvent dans cette situation d’exclusion du chômage dès ce mois de janvier, selon les estimations de l’Onem. Ce sont surtout des Wallons: 13 500 exclus contre 3 210 en Flandre et 3 248 à Bruxelles.

La période de trois ans peut néanmoins être prolongée si l’intéressé a travaillé un moment à temps plein comme salarié ou comme indépendant, voire à temps partiel sans complément de l’Onem. Un droit additionnel de 6 mois est possible si, à moins de 30 ans, on peut prouver 156 jours de travail sur deux ans, l’équivalent de 6 mois de travail à temps plein ou d’un à mi-temps. Ce droit additionnel peut se répéter. Mais au bout du compte, ce ne sera jamais que pour voir reculer l’échéance…

Selon l’Onem, 3 000 de ces exclus potentiels devraient aussi pouvoir prolonger leur chômage pour raison de santé (médicale ou psychologique) ou pour avoir entamé un nouveau trajet d’accompagnement. Les plus vulnérables ont bénéficié, in fine, d’une prolongation de leur droit. Petit bémol au désastre social.

L’issue: le revenu d’intégration

Mais pour les autres, de mois en mois à partir de cette fin janvier, va se répéter la litanie de l’exclusion. Ne touchant plus l’allocation d’insertion en fin de mois, une partie des chômeurs aura droit au Revenu d’intégration sociale du CPAS: le RIS, ex-minimex. 1 089€, 817€ ou 544€ par mois, selon la situation familiale. Ce n’est plus le Fédéral qui finance, mais les communes. En mal de moyens, elles ont lancé un cri l’alarme. Mais nombre d’ex-chômeurs cohabitants n’y auront même pas droit. Et combien baisseront simplement les bras?