POLÉMIQUE -

Journaliste de SudPresse pas viré, mais AJP abasourdie

Journaliste de SudPresse pas viré, mais AJP abasourdie

La «Une» de Sudpresse contestée par Xavier Lambert

Xavier Lambert, le journaliste qui avait osé demander un débat sur la «Une» de SudPresse de samedi, restera finalement en place. Mais les pratiques du quotidien sont dénoncées unanimement. A commencer par l’Association des Journalistes professionnels.

L’affaire fait grand bruit dans le monde du journalisme et au-delà.

L’annonce, hier, du licenciement probable du journaliste Xavier Lambert du groupe Sudpresse a soulevé un tollé et donné lieu à une énorme solidarité sur les réseaux sociaux, notamment. Il avait simplement osé demander un débat en interne sur l’opportunité de la «Une» de samedi du quotidien et titrée «Justice est faite» (aprs la mort des 3 terroristes)

Couper la tête d’un journaliste qui demande un débat alors que depuis une semaine tout le monde n’a que «liberté d’expression à la bouche», voilà qui avait de quoi déchaîner les passions.

Du côté de la direction du quotidien, on précisait, cela dit, que le travail de Xavier Lambert ne convenait plus «depuis de longs mois». En clair, cette affaire ne serait que «la goutte d’eau qui a fait déborder le vase».

Revirement

Ce mercredi matin, Xavier Lambert était reçu par sa direction de son journal qui devait encore décider de son sort.

A la sortie de la réunion, le directeur de Sudpresse, Pierre Leerschool, annonçait en direct qu’il n’était plus question de licenciement et que « une solution devait encore être discutée». La solution a finalement été trouvée: Xavier Lambert est maintenu à son poste de chef d’édition de La Nouvelle Gazette Centre, dont l’équipe était venue par ailleurs plaider sa cause.

L’AJP abasourdie

Du côté de l’AJP (Association des Journalistes Professionnels), même si on se réjouit de ce non-licenciement, on est simplement ahuri par ce qui s’est passé.

Jean-François Dumont, le secrétaire général adjoint de l’AJP estime que «cette affaire met la lumière sur le système interne de Sud Presse qui fonctionne sur la peur, le diktat et le harcèlement. Ils instaurent un système dans lequel il faut rester muet et docile. Et cela va bien au-delà du rédacteur en chef» estime Jean-François Dumont.

La profession dans son ensemble a été choquée par le procédé. Jusqu’à l’étranger puisque le «Courrier international» reprenait ce matin la polémique sur son site Internet.

Autre preuve de l’indignation générale: la société des rédacteurs du journal Le Soir a-t-elle envoyé, ce matin, une lettre à Bernard Marchant (patron de Rossel, le groupe du Soir et de SudPresse):

«C’est avec consternation que la Société des journalistes professionnels du Soir (SJPS) a appris la nouvelle du licenciement de notre collègue Xavier Lambert. La SJPS juge inacceptable qu’un journaliste soit licencié pour avoir voulu soumettre au débat un choix éditorial.

Si les faits devaient être avérés, cette décision de la direction de Sud Presse constituerait une atteinte claire et intolérable aux principes qui guident notre profession, à commencer par la liberté de pensée et d’expression».

Peut-être la pression exercée aura-t-elle également porté ses fruits...