Sur une liste noire depuis 10 ans

AFP

Chérif et Saïd Kouachi, orphelins, ont grandi dans un centre éducatif du centre de la France, à Treignac. Patrick Fournier, l’un des responsables de l’établissement, les décrit comme «parfaitement intégrés et n’ayant jamais posé de problème de comportement durant leur séjour.»

Saïd, l’aîné des Kouachi, 34 ans, vivait dans un quartier populaire de Reims avec son épouse, entièrement voilée, et leur enfant en bas âge. Plus discret que son jeune frère, Saïd figure, comme Chérif, depuis plusieurs années sur la liste noire américaine du terrorisme.

La trace de Saïd Kouachi se perd entre 2010 et 2012, mais des responsables de sécurité yéménites pensent qu’il a séjourné et appris le maniement des armes pendant cette période dans le sud et le sud-est du Yémen où al-Qaida est bien implanté.

Le cadet, Chérif Kouachi, 32 ans, était un jeune Parisien fan de rap, avant de basculer dans l’islam radical. Au début des années 2000, il commence à suivre les cours coraniques d’un jeune «émir», Farid Benyettou, dans des domiciles privés ou dans une mosquée du quartier populaire parisien de Stalingrad. Une rencontre apparemment fondatrice car Chérif a alors le sentiment de «ne pas être un bon musulman», fumant à l’occasion du cannabis.

Lors de l’année et demie qu’il passe en prison, de janvier 2005 à octobre 2006, à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), Chérif Kouachi fait la connaissance de celui qui deviendra son mentor: Djamel Beghal, une figure de l’islam radical français.